Claude, 62 ans, cadre dans une grande entreprise, a longtemps détesté son prénom mixte, qu'elle qualifie de « très masculin ». Après une thérapie, elle a choisi de se faire appeler Claudia. Dans un témoignage poignant, elle explique comment ce prénom a profondément influencé son psychisme et a même provoqué un incident marquant lors de son brevet.
Un prénom qui devient un piège
« Je suis une femme, et je m'appelle Claude. Je n'ai jamais été fan de ce prénom mixte, très masculin, mais je m'en suis accommodée jusqu'au moment où je l'ai vraiment détesté », raconte-t-elle. Ce moment est arrivé le jour de son brevet, au début des années 1970. À l'époque, malgré Mai-68, de nombreux établissements scolaires étaient encore non mixtes : lycée de garçons, lycée de filles.
Claude se souvient : « Je me suis retrouvée au milieu d'une foule de garçons devant un grand lycée parisien que je ne connaissais pas. J'étais la seule fille. Je dis bien la seule. » Elle suppose que l'administration, voyant son prénom, a déduit qu'elle était un garçon et l'a envoyée dans cet établissement pour passer le BEPC. « Je n'ai jamais su ce qui s'était passé, mais je ne vois pas d'autre explication. J'étais en stress total. C'est un très mauvais souvenir », ajoute-t-elle.
Un prénom qui a marqué son enfance
Claude ne sait pas quel rôle exact a joué son prénom dans sa vie, mais elle se souvient que, petite, elle était un vrai « garçon manqué », comme le personnage de Claude dans « Le Club des Cinq », la série de romans d'aventures pour enfants écrite par l'autrice anglaise Enid Blyton. Elle se décrit comme un « tomboy » avant la lettre.
Ce n'est que plus tard, en thérapie, qu'elle a analysé son conflit de genre et a décidé de se faire appeler Claudia, un prénom plus féminin. Aujourd'hui, elle assume pleinement ce choix, même si elle reconnaît que son prénom de naissance a laissé des traces.
Un témoignage qui résonne
Ce récit, recueilli par Natacha Tatu, a été publié le 17 août 2026. Il met en lumière les conséquences parfois insoupçonnées des prénoms mixtes sur la psyché des individus. Claude espère que son témoignage pourra aider d'autres personnes confrontées à des situations similaires.
Elle conclut : « Un prénom non binaire peut se refermer comme un piège sur un enfant », une phrase qui résume son expérience et qui invite à réfléchir à l'impact des choix de prénoms sur le développement personnel.



