Yves Foulon, maire d'Arcachon, condamné pour violences sur un élu écolo
Yves Foulon condamné pour violences sur un opposant écolo

Le maire Les Républicains d'Arcachon, Yves Foulon, a été condamné ce mercredi 20 août par le tribunal correctionnel de Bordeaux à quatre mois de prison avec sursis pour des menaces et violences commises à l'encontre de son opposant écologiste Guillaume Bossard. Le tribunal a également prononcé une interdiction de contact avec la victime pendant deux ans et une obligation de verser 1 500 euros de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi.

Des faits remontant à une réunion publique tendue

Les faits reprochés à l'édile se sont déroulés le 12 mars 2023, lors d'une réunion publique consacrée au projet de réaménagement du quartier de la Plage d'Arcachon. Selon le récit de l'accusation, Yves Foulon aurait violemment saisi par le col Guillaume Bossard, conseiller municipal d'opposition Europe Écologie Les Verts, avant de le pousser contre un mur en proférant des menaces. « Je vais te casser la gueule, tu vas voir ce qui t'attend », aurait lancé le maire selon les témoins présents.

L'altercation avait été interrompue par des agents municipaux, mais Guillaume Bossard avait déposé plainte dès le lendemain. L'élu écologiste a affirmé avoir subi un choc psychologique important, avec plusieurs jours d'incapacité totale de travail (ITT) constatés par un médecin légiste. Le parquet de Bordeaux avait ouvert une enquête pour « violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique » et « menaces de mort ».

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Un procès où la défense a plaidé la provocation

Lors de l'audience qui s'est tenue le 12 juillet dernier, Yves Foulon, 66 ans, a reconnu les faits mais les a minimisés. Il a expliqué avoir réagi « sous le coup de la colère » après des propos jugés « insultants » de Guillaume Bossard concernant sa gestion des espaces verts. « Je regrette ce geste, mais je n'ai jamais eu l'intention de le blesser », a déclaré le maire, qui a également évoqué un contexte de « tensions politiques exacerbées » dans la ville.

Son avocat, Me Pierre Garrigue, a plaidé la relaxe en arguant que les violences étaient « disproportionnées par rapport à la provocation » et que son client n'avait pas d'antécédents judiciaires. « Yves Foulon est un élu de terrain, parfois emporté, mais pas un délinquant », a-t-il insisté. De son côté, l'avocat de Guillaume Bossard, Me Sophie Lemoine, a dénoncé « un comportement indigne d'un maire » et réclamé une peine exemplaire pour « dissuader tout élu de se faire justice soi-même ».

Une condamnation qui pourrait peser sur la carrière politique

Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur, qui avait demandé six mois de prison avec sursis et une interdiction d'éligibilité de deux ans. Si la peine de prison a été réduite à quatre mois, l'interdiction de contact a été maintenue. La question de l'inéligibilité n'a pas été tranchée, mais le parquet a indiqué qu'il pourrait faire appel sur ce point. Yves Foulon, qui dirige Arcachon depuis 2001, a annoncé qu'il ferait appel de la décision, ce qui suspend l'exécution de la peine dans l'attente d'un nouveau jugement.

Cette condamnation intervient alors que la ville d'Arcachon est secouée par des tensions politiques récurrentes entre la majorité LR et l'opposition écologiste, qui dénonce régulièrement une gestion « autoritaire » du maire. Guillaume Bossard a salué une décision « juste et nécessaire », tout en appelant à « un apaisement des débats politiques locaux ». L'avenir politique d'Yves Foulon, qui briguait un cinquième mandat en 2026, est désormais incertain.

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