Au moins deux personnes ont été tuées et quatorze autres blessées vendredi 7 août à Marib, dans le centre du Yémen, lors d'attaques de drones et de missiles balistiques lancées par les Houthis contre des zones résidentielles et des camps de déplacés, selon l'agence de presse officielle Saba, citant les autorités locales. Ces frappes menacent directement la trêve conclue sous l'égide de l'ONU en 2022, a averti l'envoyé spécial des Nations unies, Hans Grundberg.
Des frappes meurtrières dans des quartiers civils
Les miliciens houthis, alignés sur l'Iran, ont revendiqué ces attaques, affirmant avoir visé des troupes soutenues par l'Arabie saoudite, ainsi que des dépôts, des véhicules et du matériel militaire au camp de Sahn al-Djinn, situé dans la ville de Marib. Les autorités locales, elles, font état de victimes parmi les civils dans les quartiers d'habitation et les camps de déplacés touchés. Reuters n'a pas été en mesure de vérifier ces informations de source indépendante.
Un bilan déjà lourd la veille
Ces attaques surviennent au lendemain de la mort d'au moins trente soldats des troupes gouvernementales lors de frappes contre des camps militaires dans les provinces de Marib et Hadramaout, selon des sources gouvernementales. Il s'agit de l'un des pires bilans de ces derniers mois. Les Houthis ont également revendiqué ces frappes, déclarant avoir visé des déploiements de renforts militaires saoudiens dans les deux régions.
L'ONU s'inquiète pour la trêve
Hans Grundberg, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, a déclaré que ces bombardements, ainsi que la reprise d'attaques contre des navires de commerce dans la mer Rouge et le golfe d'Aden, mettaient en péril comme jamais auparavant la trêve conclue en avril 2022 sous l'égide de l'ONU. Cette trêve, déjà fragile, est de nouveau menacée par l'escalade militaire.
Un conflit qui dure depuis 2015
L'Arabie saoudite intervient militairement au Yémen à la tête d'une coalition depuis 2015, en réaction à la conquête de la capitale, Sanaa, par les Houthis un an plus tôt. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et plongé le pays dans l'une des pires crises humanitaires au monde. Les frappes de vendredi et de jeudi montrent que la violence ne faiblit pas, malgré les efforts diplomatiques.



