Deux Algériens, âgés de 34 et 40 ans, ont été condamnés à une interdiction du territoire français de cinq ans pour des vols commis dans des voitures sur un parking gratuit en terre battue, à proximité du Marché du Lez à Montpellier. La peine a été prononcée le samedi 5 septembre, après que la brigade anticriminalité a observé leur manège avant de les interpeller.
Une surveillance policière ciblée
Face à de nombreux vols commis sur ce parking, la brigade anticriminalité a mis en place une surveillance le samedi 5 septembre. Peu avant 22 heures, les policiers ont vu arriver une Citroën C4. Deux hommes en sont sortis : l'un a dérobé des objets dans deux voitures non verrouillées, tandis que l'autre faisait le guet. Ils sont ensuite revenus à leur véhicule avant de disparaître dans la pénombre pendant près de vingt minutes, puis ont rapporté d'autres objets dans la C4.
Le duo a été interpellé vers 23 heures alors qu'il quittait le parking. À bord du véhicule, les policiers ont découvert notamment deux ordinateurs portables, qui ont été restitués à leurs propriétaires.
Des prévenus aux déclarations incohérentes
Les deux hommes, des Algériens âgés de 34 et 40 ans, n'ont pas reconnu les vols. Ils ont affirmé qu'une connaissance avait mis le véhicule à leur disposition pour la soirée. L'un d'eux devait prendre l'avion pour l'Algérie tôt le lendemain matin. Tarik, 40 ans, devait y retrouver sa compagne enceinte qui doit accoucher ce mois-ci. Islam, 34 ans, a refusé que l'enquêteur social contacte son épouse.
La procureure a souligné les incohérences des prévenus. L'un a affirmé que certains effets retrouvés dans la C4 appartenaient à ses amis, alors qu'il avait déclaré en garde à vue ne pas avoir connaissance des objets volés. L'autre avait dans sa poche un paquet de cigarettes dérobé dans une voiture. « Il a prétendu l'avoir acheté à Plan-Cabanes alors qu'il venait de Thaïlande », s'est étonnée la procureure. De plus, l'un des prévenus a déjà été condamné pour un vol dans un véhicule en Gironde, et il a fait appel de cette décision.
La défense plaide la relaxe, la peine prononcée est originale
Les deux avocates ont plaidé la relaxe de leurs clients « au bénéfice du doute ». Elles ont interrogé la fiabilité de l'identification par les policiers, qui ont perdu le binôme de vue pendant plus d'un quart d'heure. Elles ont également plaidé le fait que leurs clients n'imaginaient pas que les objets retrouvés dans la voiture puissent avoir été volés, et se sont étonnées de « l'absence de relevé d'empreinte », les suspects n'ayant « pas de gants ».
Alors que la procureure avait requis huit mois de prison, aucune peine de détention n'a été infligée. C'est une interdiction du territoire français pendant cinq ans qui a été prononcée. « Mais j'ai ma femme et mon fils en France », a réagi l'un des condamnés. « Vous avez dix jours pour faire appel si vous le souhaitez », a répondu la juge.



