Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné à un an de prison ferme trois ressortissants péruviens, poursuivis pour des vols au câlin ayant ciblé des touristes sur le boulevard de la Croisette à Cannes. Le préjudice total est estimé à plus de 30 000 euros, correspondant à une montre Rolex et une Breitling dérobées.
Un mode opératoire rodé sur la Croisette
Les faits se sont déroulés les 23 et 24 mai 2026. Karla M. C. (47 ans), Carlos O. C. (61 ans) et Manuel T. L. (51 ans), tous trois de nationalité péruvienne, ont été jugés pour vol en réunion en récidive. Leur technique consistait à proposer leurs faveurs sexuelles à des hommes légèrement éméchés, sortant des établissements de nuit de la Croisette. Pendant qu'un des membres enlaçait la victime, un autre subtilisait la montre à son poignet, tandis que le troisième attendait au volant d'une voiture pour prendre la fuite. Le trio regagnait ensuite Milan, en Italie, où ils résident.
Selon Karla, la voleuse de la Rolex, les montres ont été vendues à Milan pour 3 000 euros, un prix très inférieur à leur valeur estimée. Les deux victimes ont affirmé que les auteurs étaient des hommes déguisés en femmes.
Des conditions de détention dénoncées par la défense
Placés en détention provisoire depuis le 9 juin 2026, les prévenus ont été transférés selon leur état civil légal : Karla M. C. au quartier des femmes de la maison d'arrêt de Nice, et les deux autres à Grasse. Leur avocate, Me Rosanna Lendom, a dénoncé un traitement dégradant, évoquant les fouilles intégrales effectuées par deux agents de sexes différents pour vérifier leur anatomie, ainsi que des propos injurieux de codétenus. « Il y a une grande souffrance à la base de ces délits, ce qui ne les excuse pas mais situe le contexte de trois amis loin de leur pays natal et qui n'appartiennent à aucune organisation ; ce ne sont pas des pros », a déclaré la défense.
Les prévenus ont reconnu les faits, se livrant à la prostitution et résidant à Vallauris. Ils ont été repérés à Nice et Monaco, leur plaque d'immatriculation et des éléments de téléphonie ayant permis leur identification et leur arrestation. Une autre montre Rolex a été découverte lors de la perquisition de leur domicile, sans garantie de son authenticité, ainsi que des sommes d'argent en espèces.
Condamnations et interdiction du territoire
Le procureur de la République a décrit cette technique d'arrachage de montre comme « un mode opératoire d'une efficacité redoutable », requérant des peines d'un an à 18 mois de prison ferme. Dans son délibéré, le tribunal a condamné les prévenus à un an de prison avec maintien en détention et interdiction du territoire français pendant cinq ans.



