Les cambrioleurs qui ont dérobé deux toiles de maître au musée Auguste Renoir à Cagnes-sur-Mer, mardi 8 septembre 2026, ont bien failli être surpris par les policiers municipaux. Selon des sources concordantes, « ça s’est joué à pas grand-chose... ». Les malfaiteurs, casqués, gantés et vêtus de treillis militaires, ont agi au petit matin en empruntant une impasse privée, profitant du passage de relais entre les équipages de nuit et de jour de la police municipale.
Un vol express de moins de cinq minutes
Les malfaiteurs ont découpé le grillage entourant le jardin remarquable du musée, puis sont entrés par une fenêtre. Selon nos informations, ils auraient fracturé l’armature à coups de pieds. L’alarme du dispositif « Ramsès » s’est déclenchée à 5 h 48, dès qu’ils ont foulé le gravier autour du musée. La police municipale était sur place à 5 h 53, selon le maire. « Ils étaient équipés d’un couteau électrique, une scie métallique et ont découpé les pistons qui tenaient les cadres », indique-t-il au Figaro. L’opération a été bouclée en moins de cinq minutes, et les cambrioleurs ont probablement croisé les équipages de police municipale débarqués en trombe.
Une enquête pour vol en bande organisée
La Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille a ouvert une enquête pour « vol en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée ». Le service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ 06) et l’office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) sont saisis. Toutes les hypothèses sont sur la table. « Ce sont des commandos qui ont fait des repérages sans se faire remarquer et qui, après, agissent très vite pour dérober les objets qu’ils veulent dérober », a déclaré sur Franceinfo la ministre de la Culture, Catherine Pégard. « Ils savaient où ils allaient et ce qu’ils prenaient », confirme une source proche de l’enquête.
Un préjudice financier réduit mais un manque culturel inestimable
Les malfaiteurs ont laissé échapper ou sciemment relâché deux œuvres majeures, Portrait de Madame Stephen Pichon et Coco lisant. Cet aléa réduit considérablement le préjudice financier. Initialement annoncé autour de neuf millions d’euros, il dépasserait finalement les quatre millions. Même si le préjudice culturel, lui, est inestimable. Les enquêteurs de la police judiciaire, avec la brigade de répression du banditisme (BRB), procèdent à des relevés d’empreintes, à l’exploitation de la vidéoprotection, à l’analyse de la téléphonie et au recueil de témoignages. L’office central a diffusé le signalement des tableaux volés à l’international.



