Le collectif de l'Aire, composé d'habitants de Saint-Georges-d'Orques, s'oppose à l'acquisition par le Département de l'Hérault d'une villa destinée à accueillir six enfants âgés de 6 à 10 ans en attente de placement. Les riverains dénoncent l'absence de concertation et le coût de l'opération, estimé à 650 000 euros.
Une pétition contre un projet jugé inadapté
La pétition intitulée « Non aux investissements immobiliers du Département sur notre village sans concertation » a recueilli 161 signatures en ligne, auxquelles s'ajoutent celles de la version papier circulant dans le village. Maxime Pons, premier adjoint de Saint-Georges-d'Orques et habitant du quartier, s'exprime au nom du collectif : « Nous avons appris par hasard que le Département de l’Hérault avait acheté une grande villa dans notre quartier, qui est résidentiel et très tranquille, afin d’y installer un foyer pour enfants en attente de placement. C’est un endroit très inadapté, sans place de stationnement et des rues en sens unique. Et quand on sait les difficultés budgétaires de la collectivité, c’est aberrant ».
Le texte de la pétition met en avant le coût d'achat et l'absence de garanties : « Le Département est prêt en effet à dépenser 650 000 € de nos impôts pour une villa privée avec piscine pour la transformer, après de coûteuses mises aux normes en foyer d’accueil ». Il évoque également la crainte que « la vocation de ce foyer n’évolue pas vers d’autres types de placement ».
La réponse du Département et du maire
Véronique Calueba, vice-présidente du Département à la solidarité, à l’enfance et aux familles, précise : « Ce ne sont pas des enfants sauvages, mais des enfants victimes. Ils sont issus de tous les milieux sociaux, car les violences ou les défaillances touchent toutes les catégories sociales. Ici, ils seront évalués, psychologiquement, médicalement, scolairement, et bénéficieront d’un environnement sécurisé, bienveillant avec les meilleures conditions pour eux. J’ai proposé au maire de venir le rencontrer pour lui expliquer ».
Le maire Jean-François Audrin a intenté un recours au tribunal administratif contre la délibération des élus départementaux. Il explique : « Mon recours est symbolique, car rien n’est illégal dans ce qu’a fait le Département. Je n’évoque pas la somme en jeu car une bonne gestion pousse plutôt à l’achat qu’à la location. Et j’accepte bien le principe que le Département est chez lui partout. Mais agir dans le dos des maires, ça n’est pas bien ». Il ajoute que sa commune a accueilli un centre pour adultes autistes « car on a co-construit le projet », et demande « d’abandonner ce projet et que nous travaillions ensemble à un projet plus adapté ».
Le contexte : 3 000 enfants confiés au Département
Le conseil départemental n'avait pas l'obligation d'avertir la commune, l'installation n'étant pas soumise à la réglementation des établissements recevant du public. Dans un courrier du 7 septembre, le président Kléber Mesquida évoque sa volonté d'« échanger avec la commune et de l’accompagner dans la mise en œuvre de cette installation ». Il rappelle que « plus de 3 000 enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance » doivent être protégés et accueillis dans des conditions adaptées, et souligne que « toutes les communes doivent pouvoir contribuer à leur mesure, à l’accueil de ces enfants ». Il note également que la scolarisation de quelques enfants pourrait être un plus pour les effectifs d'une commune ayant perdu deux classes ces dernières années.



