Après 100 jours de mandat, le maire de Vias, Jean-Philippe Cabassut, annonce le gel de tous les projets municipaux pour au moins trois ans, à la suite d'un audit financier réalisé par le consultant indépendant Lionel Bascou. Cet audit révèle une dette de 15 millions d'euros, soit 2 485 € par habitant, contre une moyenne nationale de 967 €. La commune stoppe tout nouvel emprunt pour assainir ses finances d'ici 2028.
Un audit alarmant
L'audit, commandé en début de mandat, met en lumière des problèmes de gestion et un endettement élevé. « Notre situation financière présente un endettement de 15 M€ », explique Jean-Philippe Cabassut. La commune était déjà sous surveillance depuis 2023 via le réseau d'alerte des services de l'État. « La précédente équipe n'a pas respecté ses engagements et nous nous retrouvons avec une dette de 2 485 € par habitant alors que la moyenne nationale est de 967 € par habitant. C'est une situation compliquée à tenir », ajoute-t-il.
Réorganisation des services
Outre la dette, la mairie fait face à un problème de ressources humaines. Les charges de personnel ont augmenté de 40 % durant les mandats de l'ancien maire, Jordan Dartier, représentant désormais 25 % des charges générales. « Nous allons réorganiser les services avec pour objectif principal d'optimiser les ressources. Il y a beaucoup trop d'agents dans les services administratifs et pas assez sur le plan opérationnel. Nous avons donc décidé de ne pas remplacer les départs », précise Cabassut.
Projets structurants en cause
Selon l'élu, Vias n'a jamais eu une telle dette ni autant de recours juridiques. Il pointe une mauvaise gestion sur des projets comme l'avenue de la Mer, où « trop d'argent aurait été investi d'un coup ». Le promenoir, qui doit être démoli, illustre selon lui les erreurs passées. « C'est un entêtement qui coûte cher à Vias », affirme-t-il, en s'appuyant sur l'audit. La commune a obtenu une dérogation pour demander un éclairage judiciaire avant d'agir.
Maison de santé : un projet abandonné ?
L'audit pointe également la maison de santé, achetée 3 M€ alors qu'il s'agit d'une « coquille vide ». Le cadre de faisabilité n'a pas été suffisamment préparé. « Il faut que la ville se sorte de cet environnement pour trouver une meilleure solution. C'est une erreur d'être allé sur ce terrain alors qu'à l'heure actuelle, tout le monde veut sa maison de santé et il n'y a pas la place pour tout le monde d'autant plus qu'il y a une pénurie de médecins », commente Cabassut. La municipalité étudie la possibilité d'abandonner le projet.
Priorité aux besoins urgents
Les seuls projets maintenus concernent les besoins urgents : un nouveau poste de secours et une régie pour la cantine. Pour le reste, la commune avance avec prudence, d'autres procédures judiciaires étant à prévoir. « Notre priorité, désormais, assure Jean-Philippe Cabassut, ce sera d'assainir nos finances, d'aller chercher des ressources. Il faudra gérer au plus serré sans faire d'emprunt pendant au moins trois ans car il faut déjà trouver 1,2 M€ d'ici 2028. Il ne faut pas le moindre imprévu car rien ne se fera avant la fin du mandat. »
Contacté, l'ancien maire Jordan Dartier n'a pas souhaité commenter : « Je préfère prendre le temps d'étudier ce fameux audit avant de commenter quoi que ce soit. »



