Le parquet de Draguignan a annoncé mardi que l'hypothèse de mises à feu volontaires était "sérieusement envisagée" pour expliquer la reprise de l'incendie qui a démarré vendredi au sud du Gros Bessillon, dans le Var. Cette annonce intervient alors que plus de 1 000 sapeurs-pompiers sont toujours mobilisés pour tenter de maîtriser le brasier, qui a déjà parcouru 6 350 hectares de végétation.
Une enquête approfondie en cours
Dans un communiqué adressé aux médias, le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier, a précisé que les investigations se poursuivaient afin de déterminer l'origine exacte de ce sinistre. Au total, 24 enquêtes ont été ouvertes dans le ressort du parquet pour établir les causes de différents départs de feu dans le département. Cette multiplication des procédures témoigne de l'ampleur de la menace que représentent les incendies dans cette région particulièrement exposée.
Un feu historique et dévastateur
La reprise de l'incendie, désormais contenue, a ravagé 1 850 hectares supplémentaires, s'ajoutant aux 4 500 hectares déjà détruits par le premier incendie survenu entre le 21 et le 28 juillet dans le même secteur du Gros Bessillon. Au total, le feu a parcouru 6 350 hectares, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a qualifié cet incendie de "feu le plus long qu'il y ait eu dans le Var depuis que nous avons des archives sur les feux de forêt et de végétation". Cette déclaration, faite lors d'un point presse mardi, souligne le caractère exceptionnel de cet événement.
La lutte se poursuit malgré l'accalmie
Malgré une relative accalmie, les autorités appellent à la plus grande prudence. "Il ne faut absolument pas faire de triomphalisme", a prévenu un porte-parole des sapeurs-pompiers auprès de l'AFP, rappelant que les opérations allaient se poursuivre "de la journée à la nuit, encore pendant plusieurs jours". Les pompiers sont épaulés par trois hélicoptères et un hélicoptère de commandement, tandis qu'une équipe spécialisée utilise des drones pour repérer les points chauds. Le Var reste placé en vigilance orange canicule et le retour du mistral est attendu jeudi, deux facteurs qui pourraient compliquer les opérations.
Correns, la commune la plus touchée
Le préfet du Var Simon Babre a indiqué lundi que la commune de Correns était la plus durement touchée par les flammes. La commune a vu 52 % de sa superficie brûler et a subi "trois assauts du feu successifs" en quelques jours. Cette situation dramatique met en lumière la vulnérabilité des zones rurales face aux incendies de forêt, accentuée par les conditions climatiques extrêmes.
Un suspect déjà arrêté
Dans ce même secteur du centre du Var, un homme de 23 ans est par ailleurs soupçonné d'avoir provoqué une dizaine de départs de feu volontaires entre le 19 et le 24 juillet. Arrêté le 25 juillet, il a été mis en examen et placé en détention provisoire. Cette affaire distincte mais liée au contexte général des incendies dans la région renforce les soupçons sur l'origine criminelle de certains sinistres.



