René et Christiane Dumeniel, âgés de 90 ans, sont confrontés à la destruction imminente de leur terrasse en béton armé, située dans la résidence Le Clemenceau à Vallauris. Construite en 2012 par René, cette terrasse donne sur la cour intérieure et repose sur le toit d'une annexe. En assemblée générale des copropriétaires, une décision a été votée pour sa démolition, en raison d'un risque d'écroulement. Le couple n'a pas contesté dans le délai légal de deux mois, et doit désormais payer les travaux de démolition, soit plusieurs milliers d'euros.
Une décision votée en leur absence
« Cette histoire me bouffe, ma santé se dégrade avec ce stress permanent », confie René Dumeniel, qui a presque perdu la vue et l'ouïe. Le couple n'a pas pu assister à l'assemblée générale en raison de leur âge et de leur état de santé. Ils ont donné pouvoir à une voisine, qui s'est abstenue, pensant que cela équivalait à un vote contre. La voisine regrette : « Je me suis abstenue au lieu de voter contre. Je croyais que cela aurait le même effet qu'un refus. » Elle ajoute s'être sentie intimidée et même insultée par les autres copropriétaires.
Le syndic Confluence a envoyé une lettre le 29 juin confirmant la validation du devis pour les travaux de démolition et demandant au couple de libérer les espaces avant l'intervention. Le gestionnaire précise que la décision a été « votée et validée en assemblée générale ».
Un risque d'écroulement selon l'expert
Philippe Rousseau, propriétaire de l'annexe sous la terrasse, affirme que celle-ci n'était « pas conçue pour recevoir un tel poids sur son toit ». Il a fait venir un expert et alerté la mairie. Le constat est clair : « face au risque d'écroulement, il faut détruire ». Il souligne également que les prescriptions des Bâtiments de France, qui prévoyaient des poteaux métalliques pour reprendre les charges, n'auraient pas été respectées.
Le syndic Confluence confirme la dangerosité, photos à l'appui : « C'est si dangereux que nous avons dû leur interdire de marcher dessus. » Cependant, l'avocat du couple, Me Hervé Boulard, conteste cette urgence. Il plaide pour un confortement des fondations, comme le mentionne l'expertise, plutôt qu'une destruction.
Un possible abus de faiblesse
Me Boulard déplore que ses clients, « des personnes vulnérables et naïves », n'aient pas saisi un avocat dans les temps, mais envoyé de simples courriers. « S'ils vont au bout, ils vont se retrouver avec un trou béant devant leur porte-fenêtre. On frôle l'abus de faiblesse », estime-t-il. Il espère faire valoir qu'un syndic « ne peut pas voter la démolition d'une partie privative ». La terrasse était prévue sur les plans d'origine de l'immeuble, construit dans les années 1970, mais n'avait jamais été réalisée jusqu'en 2012. Christiane Dumeniel assure que sa construction était conforme après travaux, mais la situation a changé.
Un projet immobilier en arrière-plan
Derrière l'urgence sécuritaire se profile un autre projet. Philippe Rousseau souhaiterait détruire l'annexe pour y aménager des parkings ou un loft. « Si ce n'est pas vendu d'ici ma retraite l'année prochaine, j'envisagerai d'y aménager des parkings et/ou de la restaurer pour en faire un loft », déclare-t-il.
Le couple Dumeniel, soutenu par leur avocat, tente de stopper l'exécution de la destruction. La décision de justice est attendue. En attendant, ils vivent dans l'angoisse de voir leur balcon disparaître, les privant d'un espace extérieur précieux à leur âge.



