Un vaste trafic de stupéfiants entre l'Espagne et le sud de la France a été démantelé par les forces de l'ordre. Cinq individus, soupçonnés d'être les acteurs principaux de ce réseau, ont été interpellés les 6 et 7 juin à Béziers et Montpellier. Les enquêteurs ont mis la main sur plus de 400 kilogrammes de cannabis et environ 2 kilogrammes de cocaïne. L'enquête se poursuit afin d'identifier les transporteurs impliqués dans cette filière.
Interpellations et saisies
Le samedi 6 juin, trois hommes originaires de Béziers ont été arrêtés à leur domicile par les agents de la police judiciaire. Le lendemain, deux Montpelliérains ont également été appréhendés dans le cadre d'une enquête ouverte depuis plusieurs mois, menée sous commission rogatoire, portant sur un trafic reliant l'Espagne à Montpellier.
Une découverte importante
Lors de la perquisition, les policiers ont découvert un peu plus de 400 kg de cannabis dans des valises dites « marocaines », ainsi qu'environ 2 kg de cocaïne, dans un garage situé en plein centre-ville de Béziers, à proximité de la gare. Une somme modeste d'argent liquide a également été saisie. « La saisie est belle, a confié une source proche du dossier à Midi Libre. Il y a peu d'argent parce que, sans aucun doute, ces hommes venaient de payer la drogue qui a été découverte. »
Le réseau démantelé
Le lendemain, deux autres suspects ont été interpellés à Montpellier, dans le quartier des Hauts de Massane. Les investigations suggèrent que les Biterrois avaient mis en place un commerce florissant et approvisionnaient un point de deal situé à La Paillade, surnommé « Cambridge ». « Il ressort des investigations menées que ces Biterrois ravitaillaient des villes dans toute la moitié sud de la France. Nous retrouvons des éléments sur Saint-Étienne, mais aussi Bordeaux, Toulouse et d'autres encore. »
L'acheminement de la marchandise
Selon des informations recoupées, les Biterrois se fournissaient en produits aux alentours de Barcelone. La marchandise était livrée via des camions qui s'arrêtaient sur l'une des deux barrières de péage de l'A9, à Béziers, toujours de nuit. Ensuite, elle était transférée vers un terrain vague à Villeneuve-lès-Béziers pour changer de véhicule avant d'être entreposée près de la gare SNCF. « Nous sommes sur eux depuis des mois, a confirmé un proche du dossier. Nous avons à Béziers le donneur d'ordre, mais aussi le propriétaire du garage où nous saisissons la drogue. » Les deux autres hommes étaient chargés des transferts entre Béziers et les points de deal. Dans le jargon des enquêteurs, on les appelle des « rouleurs ».
Décisions judiciaires controversées
Les cinq individus ont été présentés à un juge à l'issue de leur garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Montpellier. Contre toute attente, deux d'entre eux ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. « C'est quand même très étonnant car ils reconnaissent leur implication dans cet énorme trafic », s'étonnent les enquêteurs. À Montpellier, les livraisons étaient conditionnées dans un appartement des Hauts de Massane puis envoyées au quartier de La Paillade. Les enquêteurs estiment qu'environ 30 à 40 kg de cannabis étaient vendus sur le point de deal Cambridge. Les deux hommes placés sous contrôle judiciaire ont été respectivement envoyés à Sartrouville et Saint-Étienne.
Poursuite de l'enquête
L'enquête se poursuit désormais pour retrouver les chauffeurs de camions qui ont participé à ce trafic. Rien n'aurait permis d'affirmer que les Biterrois fournissaient des points de deal sur le Biterrois. Mais, sur ce point aussi, les investigations continuent. Il faudra sans doute plusieurs mois encore avant de boucler ce dossier.



