Trafic de drogue à Alès : jusqu'à 10 ans requis contre le chef présumé
Trafic de drogue à Alès : 10 ans requis contre le chef

Au troisième jour du procès d'un vaste trafic de stupéfiants devant le palais de justice d'Alès, dans le Gard, le substitut du procureur de la République, Quentin Larroque, a requis ce mercredi 12 août jusqu'à dix ans d'emprisonnement contre le chef présumé du réseau, surnommé « le barbu ». Ce Gardois de Lézan, âgé de 39 ans, est soupçonné d'avoir dirigé un trafic de drogues importées d'Espagne et des Pays-Bas entre 2022 et la fin mars 2026, date de l'interception d'une voiture sur l'A9 près de Montpellier, chargée de plus de 16 kg de cocaïne.

Un trafic qualifié de « cas d'école » par le parquet

Dans son réquisitoire, Quentin Larroque a décrit cette affaire comme « un cas d'école de ce que peut être un trafic de stupéfiants de grande ampleur, de l'importation à la revente ». Il a souligné qu'il s'agit d'un « trafic insidieux, tout aussi néfaste et certainement plus lucratif » que les points de deal. Le ministère public a également évoqué l'ampleur du business qui aurait alimenté des « raves-parties », avec un bénéfice minimal établi en procédure de 10,8 millions d'euros pour les seules drogues de synthèse, calculé avec les hypothèses les plus favorables aux prévenus. La valeur des 16 kg de cocaïne saisis est estimée à 800 000 euros.

Des peines lourdes requises contre les huit prévenus

Le parquet a requis dix ans d'emprisonnement, un maintien en détention et une amende de 300 000 euros contre « le barbu », qualifié d'« architecte de ce trafic ». Pour le conducteur des voitures porteuses, originaire de Ners, cinq ans de prison, un mandat de dépôt et 40 000 euros d'amende ont été réclamés. La « nourrice », habitante de Bagard âgée de 42 ans, décrite comme « le parfait petit soldat sans qui l'entreprise coulerait », s'est vu requérir cinq ans, un maintien en détention et 50 000 euros d'amende. L'achemineur des voitures chargées entre Ners et Bagard, qui « jusqu'au bout se sera aussi moqué de nous », selon le substitut, encourt quatre ans, un mandat de dépôt et 40 000 euros d'amende.

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La défense conteste l'instruction et plaide la relaxe

Les avocats du « barbu », Mes Gonzague Perier et Katia Agher, ont critiqué l'instruction, dénonçant une « absence de caractérisation des infractions » et un « a priori » dû à la personnalité de leur client, qualifié de salafiste. Me Perier a regretté qu'un neuvième prévenu, jugé ultérieurement, soit absent alors qu'il pourrait être « le donneur d'ordres ». Me Vergani, représentant un accompagnateur présumé, a également visé une relaxe, tandis que Me Mori-Cerro, conseil de la nourrice, a demandé une peine de bracelet électronique plutôt que les cinq ans requis. D'autres avocats ont plaidé pour des peines moins lourdes, comme Me Thomasian, qui défend le conducteur intercepté, le présentant comme « le dindon de la farce ».

Le parquet a conclu en invitant les juges à « regarder les faits avec objectivité », sans « aucune complaisance », car « les prévenus ont passé leur temps à mal jouer une pièce de boulevard ». Le dernier jour d'audience est prévu ce jeudi 13 août, où tous les prévenus auront une dernière fois la parole avant le délibéré.

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