Un surveillant impliqué dans l'évasion de Ganito
Un surveillant pénitentiaire de la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) a été mis en examen et placé en détention provisoire ce lundi, soupçonné d'avoir facilité l'évasion spectaculaire du détenu Mohamed Ganito, survenue le 14 mai dernier. L'agent, âgé de 32 ans, est poursuivi pour complicité d'évasion et association de malfaiteurs.
Les faits reprochés
Selon les premiers éléments de l'enquête, le surveillant aurait fourni des informations cruciales à Ganito et à ses complices, notamment sur les horaires de rotation des équipes et les failles de sécurité de l'établissement. Il aurait également permis l'introduction d'objets ayant servi à l'évasion, comme des cordes et des outils de coupe. L'évasion, qualifiée de "hollywoodienne" par certains médias, a été réalisée à l'aide d'une corde lancée par-dessus le mur d'enceinte, permettant à Ganito de s'échapper en plein jour.
Le profil du suspect
Le surveillant, en poste depuis six ans à Villepinte, était jusqu'alors inconnu des services de renseignement pénitentiaire. Il aurait été repéré grâce à des écoutes téléphoniques et à l'analyse de ses relevés bancaires, qui ont révélé des versements suspects. Lors de sa garde à vue, il a reconnu avoir été approché par des proches de Ganito, mais nie toute intention de favoriser l'évasion. Il affirme avoir agi sous la menace.
Une enquête approfondie
L'enquête, confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, se poursuit pour identifier d'éventuels complices à l'intérieur et à l'extérieur de la prison. Ganito, incarcéré pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, est toujours en fuite. Un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre. Les autorités pénitentiaires ont annoncé une inspection de la prison de Villepinte pour renforcer la sécurité.
Réactions et conséquences
Cette mise en examen suscite de vives réactions au sein de l'administration pénitentiaire. Les syndicats dénoncent un manque de moyens et de vigilance, et réclament des mesures pour prévenir les complicités internes. Le ministre de la Justice a promis une enquête administrative et des sanctions sévères si les faits sont confirmés. L'évasion de Ganito met en lumière les fragilités du système carcéral français face aux tentatives d'évasion préparées de l'extérieur.



