Les streamers Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, et Safine Hamadi, 24 ans, sont jugés ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Nice pour des violences et humiliations diffusées en direct sur la plateforme Kick, un an après la mort de Jean Pormanove, retrouvé mort sous un drap en août 2025 après douze jours de live.
Des violences en réunion et abus de faiblesse
Les deux accusés ne sont pas jugés pour la mort de Jean Pormanove, l'autopsie ayant conclu à l'absence d'intervention d'un tiers. Ils doivent répondre de violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d'images violentes et provocation à la haine ou à la violence. Pendant plusieurs mois, Jean Pormanove et deux autres personnes avaient été victimes de violences et de traitements dégradants.
Des directs violents sur Kick
L'affaire avait débuté fin 2024, quand Mediapart a révélé des vidéos sur la chaîne de Naruto et Safine, diffusée depuis un local à Contes, près de Nice, sur la plateforme australienne Kick. Les scènes montraient Raphaël Graven (alias Jean Pormanove) se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer, ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball, lors de directs suivis par près de 200 000 personnes. Une autre victime, Stéphane G., surnommé Coudoux et visiblement handicapé, apparaissait également, ainsi qu'un mineur.
Des sommes d'argent importantes
Les streamers avaient affirmé que les violences étaient simulées pour attirer les spectateurs et les inciter à verser de l'argent, les sommes étant ensuite réparties entre tous les protagonistes. Entre 2021 et 2025, Jean Pormanove a perçu près de 140 000 euros, Naruto environ 460 000 euros en trois ans, et Safine plus de 200 000 euros.
Après le décès, des streamings relancés
Après la mort de Pormanove, Kick a banni la chaîne « Lokal », mais en septembre, Gwen Cenazandotti, petit frère de Naruto, a relancé des streams avec d'anciens réguliers, depuis le même local de Contes, sur Twitch. Une enquête est en cours pour déterminer si la plateforme a rémunéré les streamers et quels freins elle a mis aux dérives. Des mandats d'arrêt avaient été requis fin janvier contre les gérants de Kick.



