Sophia Chikirou jugée pour escroquerie : elle conteste les faits
Sophia Chikirou jugée pour escroquerie ce mardi

La députée LFI de Paris, Sophia Chikirou, comparaît ce mardi après-midi devant la 13e chambre correctionnelle de Paris pour « escroquerie ». Elle est soupçonnée d'avoir tenté de faire virer des fonds d'une société qu'elle ne dirigeait plus et d'avoir dérobé deux chèques. Les faits remontent à l'été 2018.

Des accusations contestées

Sophia Chikirou nie fermement les accusations. Dans une déclaration à l'AFP, elle qualifie ce procès d'« incompréhensible » et affirme qu'il n'y a « ni victime, ni préjudice, ni réalité frauduleuse ». Elle espère mettre fin à ce qu'elle appelle « huit années de harcèlement judiciaire et médiatique ». Selon elle, l'audience démontrera qu'il n'y a eu ni vol de chèque ni tentative d'escroquerie.

L'origine du litige

L'affaire trouve son origine dans la rupture entre Sophia Chikirou et Le Média, une webtélé lancée après la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017. En juillet 2018, elle démissionne de l'entreprise et perd ses fonctions à la tête de la société de production. Sa société Mediascop réclame alors 67 146 euros pour des prestations fournies, mais la nouvelle direction refuse de payer.

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Selon la brigade financière, ce refus de paiement aurait conduit aux faits reprochés. Sophia Chikirou aurait demandé à la banque du Média de virer la somme, d'abord par mail, puis en se rendant au guichet, alors qu'elle n'avait plus l'autorité pour le faire. Devant l'échec, elle aurait dérobé deux chèques au siège du Média, ce qui a déclenché des plaintes et la révélation de l'affaire par Mediapart.

Un litige réglé, mais des poursuites maintenues

En juin 2021, un accord est trouvé entre les parties : Sophia Chikirou renonce à sa facture de 67 146 euros, et la direction du Média cède sur une autre facture. La plainte pour la disparition des chèques est retirée. Pourtant, la procédure pénale se poursuit, ce que la députée dénonce comme un harcèlement judiciaire.

Le parquet de Paris, qui a cité Sophia Chikirou à comparaître, estime que l'enquête a mis en évidence un « commencement d'exécution » suffisant. L'article 121-5 du Code pénal précise que la tentative est constituée dès lors qu'elle a été manifestée par un commencement d'exécution et n'a manqué son effet qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.

Un procès très attendu

Le procès, qui s'ouvre ce mardi à 13h30, promet des débats animés. Sophia Chikirou sera défendue par Me Dominique Tricaud, pénaliste chevronné. La députée insoumise dénonce une « affaire politique » visant à la « salir » avant les élections municipales où elle convoitait la mairie de Paris.

L'audience devra déterminer si les faits constituent une escroquerie, délit passible de 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende. En attendant, Sophia Chikirou maintient son innocence et espère que la justice reconnaîtra l'absence de victime et de préjudice.

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