La préfecture de la Somme a formellement démenti mardi avoir réservé un traitement de faveur à la chocolaterie Trogneux, propriété de la famille de Brigitte Macron, lors des violences et des pillages survenus samedi 17 octobre. Elle répond ainsi aux accusations d'un syndicat de police et aux révélations du Canard enchaîné, qui affirmaient qu'une compagnie de CRS avait été spécialement dépêchée pour protéger la boutique amiénoise.
Un démenti catégorique de la préfecture
Dans un communiqué, la préfecture indique que « le préfet de la Somme dément l’allégation selon laquelle des effectifs de CRS auraient été dédiés à la protection du magasin Trogneux » lors des manifestations contre la vie chère. Ce démenti intervient après que le syndicat de police Alliance a exigé des « explications » dans un message publié sur Facebook.
Plusieurs vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent en effet plusieurs fourgons de CRS stationnés devant la chocolaterie, célèbre pour ses macarons, située à quelques mètres de la place Gambetta, en plein centre-ville d’Amiens. Ces images ont alimenté les soupçons d'une protection particulière accordée à l'établissement.
La colère du syndicat Alliance
Le syndicat Alliance a vivement réagi sur les réseaux sociaux, écrivant : « Monsieur Macron, la République n’est pas votre propriété privée ». Le syndicat a également exigé des explications et posé la question : « Rappelez-nous, monsieur le président : les Français ont-ils tous droit à la même protection ? »
La préfecture justifie la présence des forces de l'ordre par la nécessité de sécuriser le centre-ville. Selon elle, samedi après-midi, « plusieurs centaines d’individus hostiles […] ont tenté pendant près de trois heures de forcer les barrages mis en place pour protéger les rues commerçantes du centre-ville ». En conséquence, « une compagnie de CRS a rejoint Amiens en urgence afin de renforcer, en soirée, les effectifs locaux et d’assurer la sécurisation de l’ensemble des commerces du centre-ville ».
Positionnement des véhicules de CRS
La préfecture précise que les véhicules de la compagnie de CRS ont été positionnés « au milieu de l’artère piétonne, place Gambetta, ainsi qu’à proximité de la gare ». Cette explication vise à démontrer que le dispositif visait à protéger l'ensemble des commerces et non un établissement en particulier.
De son côté, le Canard enchaîné maintient ses affirmations. Dans une publication sur X, l'hebdomadaire assure que cette compagnie de CRS a été « spécialement dépêchée pour monter la garde devant les boutiques du frère de Brigitte Macron », à Amiens ainsi qu'au Touquet dans le Pas-de-Calais.
Un précédent en 2023
La boutique Trogneux d’Amiens avait déjà été ciblée en 2023, lorsque en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, plusieurs personnes avaient placé des conteneurs poubelles devant le magasin. Le gérant et petit-neveu de Brigitte Macron, Jean-Baptiste Trogneux, avait été agressé lorsqu’il était sorti de la boutique pour éloigner ces personnes. Deux hommes avaient été condamnés à 12 et 15 mois de prison ferme.
Ce démenti de la préfecture intervient dans un contexte tendu, alors que les violences urbaines suscitent de vives réactions politiques et médiatiques. Les autorités locales maintiennent que la sécurité a été assurée de manière égale pour tous les commerces du centre-ville d'Amiens.