À Six-Fours, Mireille Rousseau, 83 ans, résidente au 1289 avenue de la Mer, ne peut plus rentrer chez elle en marche arrière depuis la fin des travaux de la dernière tranche de requalification de l'artère, qui s'est arrêtée pile à hauteur de son portail. Pour pouvoir sortir de son jardin en toute sécurité, elle est contrainte de manœuvrer en marche arrière sur la départementale RD 259, une manœuvre devenue dangereuse au regard de la nouvelle configuration de la route.
Une manœuvre devenue impossible depuis 2023
Mireille et Jean-Gilles Rousseau, un couple d'octogénaires propriétaires de leur maison depuis 1953, attendent « depuis plus de deux ans au moins » la prochaine tranche de travaux de requalification de l'avenue de la Mer. Le chantier s'est arrêté en 2023 sur le côté droit de la RD 259, en direction du centre-ville, précisément à la limite de leur propriété. Les deux résidents, titulaires d'une carte d'invalidité, sont fortement impactés par la circulation dense qui anime toute la journée l'une des plus importantes artères de la commune, laquelle court en ligne droite sur deux kilomètres et dessert le bord de mer et Sanary.
« Je ne peux pas sortir de mon jardin en marche arrière avec notre véhicule, c'est trop dangereux. Je crois d'ailleurs que c'est interdit sur une route départementale, s'irrite Mireille Rousseau, seule autorisée à conduire après un accident matériel dont son époux, 80 ans, a été victime lors d'une manœuvre malheureuse sur la RD 259. Donc pour rentrer chez moi aux heures ouvrables, il faut impérativement que je me gare en marche arrière. Ce qui est devenu quasi impossible vu la configuration de la route. Je ne peux bien sûr pas faire un demi-tour dans mon jardin. »
Une visibilité réduite et des bus impressionnants
D'après l'octogénaire, cette manœuvre de marche arrière, qu'elle pratiquait avec facilité, n'est plus possible depuis la fin des travaux. « Avant, la visibilité était meilleure et il y avait un feu tricolore qui arrêtait les voitures. Maintenant, une piste cyclable a carrément été matérialisée dans la traversée de la route quasiment devant chez moi, de même qu'un passage piétons à côté, et quand les bus passent, comme le n°70, on a l'impression qu'ils vont rentrer dans mon jardin ! C'est impressionnant. Comme les camions et les voitures qui nous frôlent », ajoute-t-elle.
Conséquence, dans la journée, quand elle ne prend pas le bus, Mireille Rousseau stationne son véhicule où elle peut trouver de la place et attend « 5 heures ou 6 heures du matin, quand c'est tranquille pour garer ma voiture chez moi en mettant du scotch sur les cellules de fermeture automatique de mon portail, s'exaspère-t-elle. Il m'est arrivé de me mettre au milieu de la route et d'arrêter la circulation pendant que mon mari manœuvrait. On se fait insulter, ce n'est plus vivable ! »
Une expropriation acceptée mais des délais qui s'allongent
Plein de bonne volonté, le couple a même accepté l'expropriation d'utilité publique qui, finalisée au printemps, l'a contraint à céder 163 m² de jardin au Département, pour la réalisation des futurs travaux. Ceux-ci consistent, dans la lignée des tranches précédentes, en l'élargissement de la plateforme routière pour permettre la création d'une zone de promenade constituée d'une piste cyclable et de trottoirs.
Mais la procédure d'expropriation n'est pas acceptée par tous les riverains de l'avenue de la Mer, ce qui rallongerait les délais d'exécution des travaux. « Ils devaient reprendre en 2025, puis 2026 et on nous parle maintenant de délais de 2027 à 2030. C'est trop long ! Vous vous rendez compte, à nos âges ! » s'indigne Mireille Rousseau. L'aménagement de l'avenue de la Mer est prévu d'être réalisé en cinq sections fonctionnelles, dont deux ont déjà été réalisées. L'un des objectifs clairement revendiqué de la requalification est d'« améliorer les conditions d'accès des riverains (particuliers, commerces et équipements publics) ».



