Six ans de prison pour l'agression d'un policier à Cannes
Six ans de prison pour l'agression d'un policier à Cannes

Le tribunal correctionnel de Grasse a condamné, ce lundi, un homme à six ans de prison ferme pour des violences volontaires avec arme. Le 7 août dernier, cet individu, soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), a tenté de porter un coup de couteau à un policier dans un train à Cannes, avant de menacer vigoureusement du personnel soignant à l'hôpital.

Une intervention qui aurait pu dégénérer

Ce jour-là, aux alentours de 7 h 40, le policier G., fort de 26 ans de carrière, se rendait au commissariat de Cannes où il travaille. Dans le train, il aperçoit deux contrôleuses en difficulté avec un passager ivre. Le policier s'interpose, montre sa carte tricolore et énonce sa fonction. Dans un premier temps, il parvient à maîtriser l'individu, mais alors qu'il le fait descendre sur le quai, la situation dégénère. L'homme, devenu incontrôlable, sort brusquement un couteau de sa poche et tente de frapper le policier au visage. Ce dernier esquive de justesse, mais l'agresseur s'ouvre le crâne avec son arme.

Transporté à l'hôpital de Cannes, l'individu insulte copieusement deux membres du personnel soignant avant d'être finalement sédaté. Le policier, visiblement marqué, a témoigné à la barre : « On a beau être des policiers expérimentés, l'intervention aurait pu dégénérer… » Il ajoute, en essuyant discrètement quelques larmes : « J'ai trois enfants. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le traumatisme des victimes et le contexte professionnel

Sur le banc des victimes, un représentant de l'hôpital de Cannes a témoigné du manque total de considération pour les blouses blanches, précisant que ces faits sont loin d'être rares. Un représentant syndical Alliance a également rappelé : « Les policiers en civil interviennent parfois. Cette affaire intervient dans un contexte de grande souffrance dans la profession alors qu'elle manque de moyens. »

Dans le box vitré, le mis en cause a écouté avec attention, laissant échapper quelques mots et affirmant ne pas se souvenir. La présidente Laurie Duca a réagi : « La mémoire, c'est pas à géométrie variable », après un énième oubli. Maître Alexandra Badea, avocate de la partie civile, a commenté : « Dire qu'on ne se souvient pas, c'est tellement lâche. » Elle a plaidé : « Quand on est policier et qu'on quitte son uniforme, on ne quitte pas sa mission. Ce jour-là, mon client se rendait à son travail. Un trajet ordinaire qui a basculé et aurait pu être bien plus dramatique. »

Six ans ferme et interdiction définitive du territoire

Le procureur de la République Gwennahel De-Clercq a constaté que les faits de violences volontaires avec arme étaient « parfaitement caractérisés ». Il a requis six ans d'emprisonnement ferme avec maintien en détention, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français. Le prévenu était déjà soumis à une OQTF et poursuivi, notamment, pour apologie du terrorisme.

Son avocat a plaidé en sa faveur, le décrivant comme « un individu démuni en situation irrégulière » et affirmant que son client avait exprimé des regrets sincères. Ces arguments n'ont pas convaincu le tribunal, qui a suivi en tout point les réquisitions du Ministère public. L'homme a été condamné à six ans de prison ferme, une peine assortie d'une interdiction définitive du territoire français.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale