Retour polémique du « Petit Niçois » : la gauche dénonce un journal d'extrême droite
Retour polémique du « Petit Niçois » : la gauche dénonce

Le retour du « Petit Niçois » sous forme de tabloïd mensuel gratuit, distribué dans les boîtes aux lettres niçoises, suscite une vive polémique. Le journal, qui consacre ses 16 pages quasi exclusivement à des personnalités du Rassemblement national (RN) et de l'Union des droites pour la République (UDR), est dénoncé par la gauche comme un outil de propagande d'extrême droite. Le Collectif citoyen 06 a notamment relayé sur X la nouvelle Une, fustigeant un territoire « mité par l'extrême droite et la pensée fasciste ».

Un contenu clairement orienté

Dans ce premier numéro, les lecteurs découvrent des titres laudateurs tels que « Marine Le Pen : expérience, solidité, force de conviction ». Les personnalités mises en avant incluent Éric Ciotti, Marine Le Pen, Bryan Masson, et d'autres figures du RN et de l'UDR. Tous les articles sont signés par le journaliste Pascal Gaymard, à l'exception d'un seul, rédigé par Jean-Pierre Mangiapan, premier adjoint au maire de Villefranche-sur-Mer de 1995 à 2014, qui s'émeut du sort de Marine Le Pen, victime selon lui d'une injustice comparable à celle de François Fillon.

L'éditorial introductif claironne que « Le Petit Niçois est de retour », se disant « attaché au débat d'idées » et ouvert à « toutes les sensibilités républicaines ». Cependant, cette affirmation semble contredite par le contenu, exclusivement consacré à la droite radicale.

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La gauche dénonce un « scandale politique et moral »

Julien Picot, conseiller municipal de Nice et patron départemental du Parti communiste, qualifie cette publication de « scandale politique et moral » et de « provocation inacceptable à l'égard de notre mémoire collective ». Il rappelle que « Le Petit Niçois historique a poursuivi sa publication sous le régime de Vichy, puis sous les occupations italienne et allemande. Comme d'autres journaux autorisés à paraître, il a relayé la propagande du régime collaborationniste avant d'être interdit à la Libération, en août 1944, dans le cadre de l'épuration de la presse ».

Pour Julien Picot, « faire renaître aujourd'hui ce titre, pour en faire un outil de communication au service de l'extrême droite, est un choix politique lourd de sens ». Il appelle Éric Ciotti, maire de Nice, à « dire clairement s'il cautionne ou non cette publication », car « les Niçois ont le droit de savoir si le maire de Nice accepte que ce journal devienne un relais de la propagande de l'extrême droite dans notre ville ».

Le journal disponible à l'hôtel de ville

Le Petit Niçois nouvelle mouture est proposé au guichet de l'accueil de l'hôtel de ville de Nice. Le directeur de la publication est Stéphane Xuereb, patron de STX Partners, un cabinet de conseil en stratégie d'entreprises basé rue Alberti à Nice, où est également domicilié le journal, imprimé en Bulgarie.

La rédaction se défend

Contacté, Pascal Gaymard, rédacteur en chef, s'inscrit en faux : « Non, la totalité du journal ne parle pas de la droite ou de l'extrême droite. Et puis je considère que le RN, ce n'est pas l'extrême droite, mais une droite populaire. On a choisi nos sujets parce qu'ils étaient importants. » Il assure que la ligne rédactionnelle n'a pas changé : « On a soutenu Jacques Peyrat, on a soutenu Christian Estrosi… On n'est pas de gauche. » Il promet également : « Si des élus de gauche nous font des demandes, on les étudiera. »

Cette relance intervient dans un contexte politique tendu, où les accusations de récupération de l'héritage collaborationniste de la Seconde Guerre mondiale sont particulièrement sensibles dans le sud de la France. Le débat sur la place de l'extrême droite dans les médias locaux est relancé, et la question de la responsabilité des élus locaux face à cette publication reste posée.

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