Plusieurs personnes interviewées dans le reportage « Patrick Bruel : de séducteur à prédateur ? », diffusé vendredi 12 juin sur CNews, dénoncent avoir été manipulées sur l’identité de la chaîne diffuseuse.
Des témoins trompés sur la chaîne de diffusion
Parmi elles, Marine Turchi, journaliste à Mediapart, qui avait publié en mars une enquête sur les accusations de violences sexuelles visant le chanteur. Elle affirme avoir été contactée fin mai par une femme se présentant comme journaliste pour RTL Belgique, et non pour CNews : « Je n’aurais pas accordé cet entretien à une chaîne au service de l’union des droites ». Une journaliste de Elle et le cofondateur de #MusicToo font aussi partie des intervenants concernés.
Le reportage a bien été diffusé sur RTL TVI le 9 juin, mais il a surtout été produit par Genton productions. Derrière cette société : Guillaume Genton, proche de Cyril Hanouna et ex-chroniqueur de Touche pas à mon poste.
La production se défend
Dans une story publiée sur Instagram, Guillaume Genton a répondu que le reportage avait été « commandé et produit pour une chaîne belge » et que « CNews a ensuite acquis les droits pour le territoire français ». Il précise que tous les intervenants ont signé une autorisation mentionnant une diffusion possible « sur toute autre chaîne de télévision ».
Le producteur dément les accusations de tromperie. « Contrairement à ce qu’affirme Mediapart, à aucun moment nos équipes ne se sont présentées sous une fausse identité ou comme appartenant à un autre média dans le but de tromper qui que ce soit », assure-t-il.
Guillaume Genton estime que certaines des personnes mises en avant par Mediapart nourrissent « une haine viscérale à CNews pour des raisons personnelles et politiques […] Nous déplorons que leur idéologie les pousse à écrire des mensonges et travestir la réalité », ajoute-t-il, en se félicitant enfin du succès du documentaire.
Pas de quoi convaincre les témoins
Le cofondateur de #MusicToo, Jean-Michel Aubry Journet, dénonce « une histoire de morale et d’éthique », refusant d’être « utilisé par une chaîne qui fait de nos communautés des cibles ». L’avocate de victimes présumées, Myriam Guedj-Benayoun, parle quant à elle de « trahison », et évoque une possible « usurpation d’identité ». Mediapart annonce se réserver « la possibilité de poursuivre devant la justice » les auteurs de ces méthodes.



