Chaque jour, une dizaine d'inspecteurs assermentés patrouillent à Béziers pour vérifier que les réglementations en matière d'hygiène sont respectées dans les cuisines des restaurants, casetas et bodegas. Ce niveau d'exigence élevé permet au million de visiteurs venus pour la Feria de se restaurer en sécurité.
Un marathon quotidien de contrôle
Jonathan Tritz, responsable du bureau d'hygiène de la Ville de Béziers, parcourt vingt kilomètres à pied chaque jour pendant la Feria. Avec son équipe, il contrôle toutes les casetas, bodegas et restaurants servant de la nourriture. Température des frigos, conservation des produits, notamment les éléments les plus sensibles comme la viande et le fromage, chaînes du chaud et du froid, ou point d'eau permettant de se laver les mains, tout est passé au crible. C'est « un véritable marathon du contrôle », sourit-il.
Loin de l'image austère que peut véhiculer la fonction, l'inspecteur est « passionné ». Il plonge avec plaisir dans les archives de son service : les plus anciennes datent de 1890. Les inspecteurs biterrois d'alors contrôlaient les laiteries de rez-de-chaussée, « les habitants du centre-ville avaient des vaches dans leur immeuble », s'amuse Jonathan Tritz.
Un niveau de contrôle très élevé
Surtout, il a à cœur sa mission : « permettre aux visiteurs de profiter de la fête en toute sécurité », tout en « accompagnant les restaurateurs et notamment les associations qui tiennent des bodegas et casetas sans être des professionnels ». D'ailleurs, plusieurs réunions ont lieu en amont de la Feria pour mettre les amateurs au parfum des règles à respecter.
Une dizaine d'inspecteurs travaillent au sein du service communal d'hygiène. Pendant la Feria, des renforts venus des services de l'État prêtent main-forte. Et pour cause, en cinq jours, 300 inspections sont réalisées. « Nous avons, à Béziers, un niveau de contrôle très élevé. À titre personnel, je sais que je peux manger n'importe où », assure le responsable de service.
Pédagogie et bienveillance avec les restaurateurs
Si les amendes et fermetures n'interviennent qu'en cas de récidive, la destruction de nourriture arrive, elle, plus régulièrement. Ce jeudi, 313 kg de denrées potentiellement dangereuses ont été jetées. Et les restaurateurs ne voient pas, nécessairement, cela d'un mauvais œil.
Avant midi, quand les allées Paul-Riquet sont encore délestées des fêtards, l'inspecteur retrouve les restaurateurs contrôlés la veille à qui il avait fait des recommandations. Avec un thermomètre de haute précision, il vérifie en priorité la température des réfrigérateurs. Ce vendredi 14 août, les trois établissements visités ont fait le nécessaire. Et tous accueillent le professionnel avec enthousiasme et désir de bien faire.
« Pour nous, c'est positif d'avoir des inspections régulières. Cela nous permet de nous actualiser et d'être irréprochables. De plus, la sécurité des clients est essentielle », affirme le patron d'une sandwicherie sur les Allées. D'ailleurs, il profite de la présence de l'inspecteur pour lui demander, spontanément, une vérification poussée à la rentrée. Il vient d'ouvrir un second établissement sur les Allées et veut être certain de respecter les nombreuses règles en vigueur.
« Le fait d'être un service de la Ville nous a permis de construire une relation de confiance avec les commerçants », explique le responsable du service. « Notre but n'est pas de punir mais de faire de la pédagogie et de travailler main dans la main avec les personnes concernées. »



