Quelque 800 pompiers étaient encore mobilisés ce mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille. Six personnes ont été placées en garde à vue le 14 juillet 2026 dans le cadre de l'enquête sur cet incendie qui a parcouru un peu plus de 2 000 hectares. Parmi elles, un pompier volontaire a reconnu les faits, a annoncé mardi le parquet.
Quelle est la différence entre un pyromane et un incendiaire ?
Selon la psychologue clinicienne Marjorie Sueur, interrogée par Midi Libre, les motifs distinguent ces deux profils. « Dans le cas de l'incendiaire, il va mettre en avant qu'il s'agit d'une vengeance ou revendiquer une idée. Il va y avoir une raison derrière l'acte et, à la limite, vous auriez un différend avec une personne. C'est un acte ciblé », explique-t-elle.
Le pyromane, lui, est animé par « la fascination du feu. C'est vraiment le fait d'éprouver le plaisir à l'allumage et de regarder comment la scène va évoluer qui le motive. Un pyromane a plus d'un passage à l'acte à son actif et, généralement, prémédité. Il succède à une étape de tension interne et d'excitation. »
Existe-t-il un profil type de pyromane ?
Non, selon la psychologue. « Dans d'autres délits ou crimes, on va retrouver dans le passé de l'individu des traumatismes infantiles. Il peut être amené à agir sous le coup d'une impulsion qu'on va dire irrationnelle, donc pour lui le passage à l'acte va être un exutoire. Pour nous, extérieurs, il n'y a pas de raison objective qui vienne justifier son passage à l'acte. »
« C'est une façon pour eux d'apaiser les tensions internes qu'ils peuvent ressentir. Ils n'ont ni remords ni regrets par rapport à ce qu'ils font. Eux, ils sont focalisés uniquement sur le spectacle offert par le feu et ils sévissent en été comme en hiver », ajoute-t-elle.
Peut-on parler de maladie mentale ?
« Non, pas tel qu'on l'entend. On n'a pas accès à un individu malade mental. C'est plus un trouble du comportement et un trouble dans la gestion émotionnelle », précise Marjorie Sueur.
Existe-t-il des soins appropriés ?
Oui, notamment les thérapies cognitivo-comportementales (TCC). « On va effectivement modifier les comportements qu'il peut avoir suivant l'état dans lequel il est. Quand ils vont prendre conscience de la gravité de leurs actes et des conséquences de celles-ci, ils peuvent mettre en place un suivi psychologique, thérapeutique qui va leur permettre d'apprendre à gérer leurs émotions, de comprendre et d'anticiper éventuellement le passage à l'acte et de voir comment ils peuvent gérer l'état émotionnel dans lequel ils sont autrement que par un passage à l'acte. »
« Maintenant, tous les pyromanes ne sont pas accessibles aux soins, en fonction de la structure de la personnalité », conclut-elle.



