Un mois après que des propos sexistes ont été tenus lors d'un conseil municipal à Montpeyroux, l'affaire prend une tournure judiciaire. La Ligue de défense des valeurs républicaines a déposé une plainte officielle auprès du procureur de la République de Montpellier. L'association estime que ces paroles banalisent les violences faites aux femmes.
Les faits reprochés
Le 5 juin dernier, les élus de Montpeyroux s'étaient réunis pour désigner leurs électeurs en vue des élections sénatoriales. Alors qu'une élue rencontrait des difficultés à ouvrir l'urne, un élu aurait lancé : « C'est comme les femmes, il faut taper dessus ». Cette « mauvaise blague » a immédiatement suscité l'indignation. La maire du village, Pauline Curtan, a condamné ces propos et un collectif féministe local a exprimé sa colère, provoquant des remous dans la petite commune de l'Hérault.
La réaction des associations
La Ligue de défense des valeurs républicaines, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, n'a pas tardé à réagir. Considérant que les propos présentent « une particulière gravité » et « sont susceptibles de banaliser la violence faite aux femmes », l'association a décidé d'agir en justice. Le 13 juillet, elle a déposé une plainte officielle auprès du procureur de la République de Montpellier contre l'élu concerné.
Cette plainte intervient dans un contexte où les violences sexistes et sexuelles font l'objet d'une attention accrue en France. Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. Les propos tenus à Montpeyroux sont perçus comme un encouragement à la violence, même sous couvert d'humour.
Conséquences et impact local
L'incident a créé une onde de choc dans le village de Montpeyroux, où les habitants se sont divisés. Certains soutiennent l'élu, arguant qu'il s'agissait d'une plaisanterie maladroite, tandis que d'autres appellent à des sanctions exemplaires. La maire, Pauline Curtan, a exprimé sa détermination à ne pas laisser passer ces propos. « Nous ne tolérons aucune forme de sexisme dans notre commune », a-t-elle déclaré.
L'affaire suit désormais son cours judiciaire. Le parquet de Montpellier devra décider s'il engage des poursuites contre l'élu. Si les faits sont reconnus, il pourrait être condamné pour provocation à la violence fondée sur le sexe, un délit passible de peines allant jusqu'à un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Cette affaire illustre la vigilance croissante des associations et des citoyens face aux propos sexistes, même dans les sphères locales. Elle rappelle que les élus, en tant que représentants de la République, ont un devoir d'exemplarité.



