Une enquête de personnalité entachée
Cette troisième journée d'audience, au procès de Guillaume B., accusé d'avoir violé, torturé et prostitué pendant sept ans Laëtitia R., sa compagne de l'époque, s'est ouverte sur un moment de flottement aux assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Appelée en visioconférence, l'enquêtrice de personnalité avoue d'emblée que l'enquête consacrée à l'accusé n'a pas été réalisée par ses soins mais par une autre personne ne faisant plus partie des effectifs. Un élément qui froisse la défense. « Donc, vous pouvez nous faire une fiche de lecture comme n'importe qui pourrait le faire dans la salle… » grince Arnaud Lucien, l'avocat de la défense.
Une image idyllique contredite
Le rapport initial évoque l'enfance idyllique de Guillaume B., entre Toulon et Dakar. Son frère le décrit comme « homme fragile plus que bourreau » et son père dit de lui qu'il est un « grand couillon dénué de violence ». Force est de constater que les deux proches interrogés sont les seuls qui disent du bien de sa personne. La défense de Laëtitia s'interroge sur « une éventuelle manipulation de la part de l'accusé » pour gêner la diffusion des éléments de l'enquête de personnalité.
La thèse sadomasochiste déconstruite
Les experts ont remis en cause la thèse d'une relation sadomasochiste avancée par l'accusé. Selon eux, les actes subis par Laëtitia dépassent largement le cadre d'un jeu consenti. Les témoignages et les preuves médicales montrent une violence systématique et une emprise totale, sans aucun signe d'affabulation de la part de la victime. La cour doit désormais déterminer la responsabilité de Guillaume B. dans ce calvaire de sept années.



