Le procès en appel de Marine Pequignot et Samir Manaa, deux accusés liés aux attentats de Trèbes et Carcassonne (Aude) en 2018, s'est ouvert lundi 14 septembre devant la cour d'assises de Paris spécialement constituée. Ces attentats avaient fait quatre morts, dont le gendarme Arnaud Beltrame. Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait fait appel des condamnations de première instance, jugées trop clémentes.
Deux accusés jugés en appel pour terrorisme
Marine Pequignot, la petite amie radicalisée de Radouane Lakdim, comparaît aux côtés de Samir Manaa, qui avait accompagné l'assaillant acheter le couteau ayant mortellement blessé Arnaud Beltrame. Les attentats avaient été revendiqués par l'organisation État islamique. Le procès se déroule devant une juridiction spéciale, compétente en matière de terrorisme, composée exclusivement de magistrats professionnels, sans jurés populaires.
En première instance, à l'hiver 2024, Marine Pequignot, aujourd'hui âgée de 26 ans et se présentant comme « conseillère en insertion professionnelle », avait été condamnée à cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis pour association de malfaiteurs terroriste. Samir Manaa, 32 ans, avait écopé de trois ans d'emprisonnement pour des délits connexes, mais avait été relaxé de l'accusation d'association de malfaiteurs terroriste, tout comme trois autres des cinq accusés.
Le Pnat conteste des peines « trop clémentes »
Le Pnat a fait appel de ces condamnations, les jugeant trop clémentes. Le président de la cour d'assises avait rappelé, en première instance, que l'infraction d'association de malfaiteurs terroriste « implique quand même des actes matériels au soutien, à tout le moins, d'un projet terroriste : s'il n'y (en) a pas, même en cas de complaisance, on ne peut pas (la) retenir ». Les deux accusés comparaissent libres, et le procès doit se tenir jusqu'au 9 octobre.
Un troisième accusé expulsé et introuvable
Un troisième accusé, Baghdad H., l'ami qui n'avait pas dénoncé l'assaillant selon l'accusation, avait également fait appel de sa condamnation à trois ans de prison dont deux avec sursis. Il ne s'est pas présenté lundi matin devant la cour : il a été expulsé au Maroc après le retrait de son titre de séjour en France, et n'a pu être localisé depuis. La cour a décidé de disjoindre son cas pour un éventuel procès ultérieur.
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, 25 ans, fiché S, avait d'abord tué une personne sur un parking de Carcassonne, puis dans un supermarché de Trèbes, il avait exécuté trois autres personnes, dont le gendarme Arnaud Beltrame, qui s'était livré comme otage à la place d'une femme. L'assaillant avait été abattu par les forces d'intervention.



