Ouverture du procès aux assises de Tulle pour une affaire criminelle en Corrèze
Ce lundi marque le début d'un procès très attendu aux assises de Tulle, où Lucas Larivée, âgé de 24 ans, sera jugé pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac. Cette jeune femme de 20 ans, mère d'un petit garçon de deux ans, avait disparu dans des circonstances tragiques en octobre 2022 à Beynat, en Corrèze, provoquant une vive émotion dans toute la région. Une marche blanche organisée par ses proches avait rassemblé plus de 500 personnes, témoignant de l'impact profond de cette affaire sur la communauté locale.
Les circonstances de la disparition et les premières investigations
La nuit des faits, après une soirée arrosée dans une discothèque de Brive-la-Gaillarde, Justine Vayrac est sortie vers trois heures du matin en compagnie d'un ami. Les dernières vidéos de surveillance la montrent « visiblement alcoolisée eu égard à sa démarche », comme le précise le dossier d'instruction. Cinq jours après sa disparition, le corps de cette étudiante en école d'aide-soignante a été découvert dans un bois situé à quelques kilomètres seulement de la boîte de nuit. Lucas Larivée, une connaissance croisée cette nuit-là, est rapidement devenu le principal suspect, étant la dernière personne avec qui la victime a été vue vivante.
La version de la défense et les contradictions des preuves médico-légales
Pendant l'instruction, Lucas Larivée, ouvrier agricole, a d'abord affirmé n'avoir aucun souvenir des circonstances du décès de Justine Vayrac. Il a finalement reconnu avoir serré le cou de la victime, évoquant un « jeu sexuel » qui aurait mal tourné. Me Michel Labrousse, son avocat, défend cette thèse en déclarant : « Elle est malheureusement morte à l'occasion des ébats qui ont été violents. Mon client ne le voulait pas ». Il réfute catégoriquement l'accusation de viol et de meurtre prémédité, plaidant plutôt pour « des gestes manifestement violents ayant entraîné la mort mais sans intention de la donner » lors d'une « relation consentie ».
Cependant, les constatations médico-légales viennent contredire cette version des faits. Les experts ont découvert un cordon de ficelle bleue autour du cou de Justine Vayrac, qu'ils identifient comme l'arme du crime ayant servi à la strangulation. Ils précisent que le serrage a été exercé avec une force et une insistance telles qu'elles ont provoqué une fracture du larynx. De plus, bien que les lésions intimes ne permettent pas d'établir avec certitude le viol, la présence de trois plaies sur la partie gauche du visage de la victime, causées par un objet contondant, ainsi que des griffures sur le torse de Lucas Larivée - qualifiées de blessures de défense - ont conduit les magistrats instructeurs à retenir également l'accusation de viol.
Les demandes des proches de la victime et le contexte personnel de l'accusé
La famille et les proches de Justine Vayrac, qui n'ont pas souhaité s'exprimer publiquement, ont lancé une pétition plusieurs mois avant le procès. Ils réclament « l'instauration d'une vraie perpétuité incompressible, sans possibilité d'aménagement ou de réduction de peine, pour les crimes les plus graves ». Lucas Larivée encourt la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté pouvant aller jusqu'à 22 ans. Me Michel Labrousse déplore cette initiative, estimant qu'« un fait divers ne doit pas servir à modifier la loi, il ne faut pas essayer de lui donner plus de volume mais s'attacher à rester sur les faits ».
Par ailleurs, le profil de Lucas Larivée est éclairé par de nouveaux éléments. Décrit par ses proches comme un jeune homme travailleur et impliqué dans l'exploitation familiale, il menait une vie sociable et festive le week-end. Cependant, après les faits, une plainte pour violences a été déposée par une de ses ex-petites amies, avec qui il s'était installé brièvement. Elle affirme qu'il l'aurait empoignée par la mâchoire et collée contre un mur, des investigations étant toujours en cours. De plus, son casier judiciaire, vierge au moment de son interpellation, porte désormais une condamnation à deux ans de prison prononcée le 17 juillet 2024 pour l'incendie de deux bâtiments agricoles en 2020.
Les événements après le crime et les perspectives du procès
Le soir des faits, après avoir enseveli le corps de Justine Vayrac à l'aide d'un tracteur agricole et brûlé une partie de ses affaires, Lucas Larivée a ramené chez lui une autre jeune femme qu'il fréquentait occasionnellement. Lors d'une audition, il a expliqué avoir tenté de « passer à autre chose » et de « se changer la tête ». Cette jeune fille a raconté pendant l'instruction qu'au cours de leurs rapports sexuels, il avait commencé à lui serrer le cou, l'obligeant à lui demander d'arrêter, après quoi il avait quitté la chambre alors qu'ils s'apprêtaient à dormir ensemble.
Cinq jours d'audience sont prévus pour faire la lumière sur cette affaire sordide, qui continue de hanter la région de la Corrèze. Le procès promet d'être intense, avec des débats attendus sur la nature des faits, les intentions de l'accusé et les conséquences judiciaires possibles, dans un contexte où la famille de la victime espère une justice exemplaire.



