Procès de Martin Ney : les avocates de la famille de Jonathan Coulom reconstituent l'immense puzzle d'un professionnel du crime
Au troisième jour du procès de Martin Ney, les avocates de la famille de la victime, Jonathan Coulom, ont entrepris de démonter point par point la défense de l'accusé. Ce mercredi 5 juin 2024, Me Marie-Sophie Lemoine et Me Camille Vinet ont présenté une série d'éléments visant à établir la culpabilité de cet homme de 52 ans, déjà condamné pour des faits similaires en Allemagne.
Un parcours criminel d'une rare constance
Martin Ney, surnommé "le fantôme" par la presse allemande, purgeait déjà une peine de prison à perpétuité pour le meurtre de trois garçons âgés de 8 à 13 ans entre 1992 et 1998. Les avocates ont souligné que le mode opératoire était identique : il abordait ses victimes dans des lieux publics, les attirait dans un endroit isolé, puis les tuait par strangulation. Dans le cas de Jonathan, disparu le 7 juillet 2004 à Saint-Amand-Montrond (Cher), son corps n'a jamais été retrouvé, mais des traces ADN de Ney ont été découvertes sur les vêtements de l'enfant.
Des preuves scientifiques accablantes
Les expertises génétiques ont montré que l'ADN de Martin Ney correspondait à celui prélevé sous les ongles de Jonathan. De plus, des fibres provenant du tapis de la voiture de Ney ont été retrouvées sur les chaussures du garçon. "C'est un faisceau d'indices qui ne laisse aucune place au doute", a déclaré Me Lemoine. Les avocates ont également rappelé que Ney avait été vu en train de rôder près de l'école de Jonathan quelques jours avant sa disparition.
Une défense qui s'effrite
Face à ces accusations, Martin Ney nie toujours les faits, affirmant qu'il se trouvait en Allemagne au moment des faits. Cependant, ses relevés téléphoniques le situent dans la région du Cher le jour de la disparition. "Il ment depuis le début, il a même changé plusieurs fois de version", a rétorqué Me Vinet. Les avocates ont également pointé du doigt le passé de Ney, qui a déjà été condamné pour agressions sexuelles sur mineurs en 1990.
Un procès sous haute tension
La famille de Jonathan, présente dans la salle d'audience, espère que ce procès mettra enfin un terme à 20 ans de souffrance. "Nous voulons la vérité, nous voulons que justice soit faite pour notre fils", a déclaré la mère de Jonathan, la voix tremblante. Le verdict est attendu dans les prochains jours. Si Martin Ney est reconnu coupable, il pourrait écoper d'une peine de réclusion criminelle à perpétuité, qui s'ajoutera à sa peine allemande.
Ce procès est également suivi de près par les familles des autres victimes présumées de Ney en France. En effet, plusieurs disparitions non élucidées de garçons dans les années 1990 et 2000 pourraient être liées à cet homme. Les avocates ont indiqué que de nouvelles investigations pourraient être ouvertes si Ney était condamné.



