Le procès de l'assassinat de Riyadh El Mamaar, un jeune homme de 19 ans tué le 16 mai 2023 dans le quartier du Val-de-Croze à Montpellier, s'est ouvert lundi 18 mai devant la cour d'assises de l'Hérault. Cinq hommes sont accusés d'avoir participé à cette expédition punitive particulièrement violente.
Les faits : une expédition punitive meurtrière
Vers 19 heures, un groupe de trois ou quatre hommes jaillit d'une voiture place Fourier et fonce sur Riyadh et un autre jeune. Armés d'une machette, d'un sabre et d'une batte de baseball, ils les poursuivent. « Tirez, tirez ! » hurle l'un d'eux. Deux coups de feu claquent. Riyadh est atteint dans le dos par un tir à courte distance de calibre 22. Il décède à l'hôpital peu après son admission.
Les accusés : une famille au cœur du silence
L'enquête se concentre rapidement sur la famille Hmazzou. Les trois frères Hafid (23 ans), Yassine (26 ans) et Salladhine (28 ans) disparaissent dans les heures suivant le crime. Ils fuient vers la Suisse mais leur cavale est éphémère. Salladhine choisit de rentrer une semaine après pour se livrer, tandis que Hafid et Yassine sont arrêtés à Genève le 3 juin. Ils opposent un silence obstiné, ce qui complique l'enquête.
Yassine Bachir, 23 ans, beau-frère des frères Hmazzou, conduisait la voiture. Étudiant en master 2 à l'université Paul-Valéry, il affirme avoir été piégé : les trois garçons lui auraient demandé de les conduire sans qu'il se doute de leurs intentions. Il est le seul à comparaître libre. Son avocat, Me Luc Abratkiewicz, souligne que son client est « effondré » et a vu les armes seulement au moment de l'attaque.
Abdelali Elezaar, 30 ans, est désigné par la rumeur publique comme le commanditaire. Arrêté à l'hôpital de Sète où il était soigné pour un problème médical, il clame son innocence. Son avocat, le ténor lillois Frank Berton, assiste à sa défense.
L'omerta et les tensions du quartier
Le juge d'instruction a souligné avoir travaillé dans un contexte difficile d'omerta, plusieurs témoins ayant manifesté leur crainte de représailles. Le quartier du Val-de-Croze, situé entre Ovalie et la route de Lavérune, semble osciller entre coups d'éclat et lourds silences. La psychologue Danielle Cani, qui a expertisé Abdelali Elezaar, rapporte que ce dernier a été agressé deux fois à coups de couteau dans ce quartier. Dix jours avant le crime, des coups de feu avaient été entendus lors d'une première altercation. La veille de la mort de Riyadh, la voiture de la mère des frères Hmazzou avait été criblée de balles.
Les enjeux du procès
Tous les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité, même si un seul a tiré. La présidente de la cour d'assises rappelle : « Messieurs, vous encourrez tous pour ces faits la réclusion criminelle à perpétuité. » Le verdict est attendu vendredi. La question centrale reste : le tireur va-t-il se dénoncer ? Sur les bancs de la défense, certains y croient encore.



