Enquête pour viol visant un adjoint au maire d'Annecy, la mairie accusée d'étouffement
Enquête pour viol à Annecy : l'adjoint suspendu, la mairie accusée

Le parquet d'Annecy a ouvert une enquête préliminaire pour viol visant Anthony Granger, premier adjoint au maire, après le dépôt d'une plainte d'un jeune homme pour des faits survenus à l'automne 2023. L'élu a été suspendu de ses fonctions le 30 juillet 2026, selon un communiqué du parquet.

Une plainte venue de confidences

Tout a commencé le 18 mars 2026, lorsqu'une élue de la ville a adressé un courrier au parquet, « faisant état de confidences reçues de la part d'un jeune homme pouvant laisser penser que ce dernier avait été victime de relations sexuelles non consenties », précise le parquet dans un communiqué. À la suite de ce signalement, les autorités ont entendu la présumée victime, qui a « confirmé ses déclarations » et déposé plainte contre un élu de la ville d'Annecy.

Les faits allégués se seraient produits à l'automne 2023, alors que la victime présumée était majeure. L'enquête a été confiée à la brigade des recherches d'Annecy. L'élu mis en cause, Anthony Granger, a été entendu par la gendarmerie le 9 juin. « De très nombreuses investigations ont été menées (auditions de témoins, investigations techniques…) », assure le parquet, ajoutant que l'enquête, clôturée le 9 juillet, est en cours d'étude.

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Une tentative d'étouffement par l'achat massif de journaux

L'affaire a été révélée en Une du journal local L'Essor Savoyard, qui a publié le témoignage de l'homme accusant Anthony Granger de viol. Mais selon Reporters sans frontières (RSF) et L'Essor Savoyard, la mairie a tenté, début juin, d'étouffer le scandale en achetant des centaines d'exemplaires du journal.

L'Essor Savoyard, qui s'écoule généralement à 2 000 exemplaires, a enregistré un record de vente avec un bond de 50 % ce mois-là. Dans leur enquête conjointe, RSF et le journal rapportent que des buralistes d'Annecy ont décrit une véritable razzia : « 20 exemplaires vendus par-ci, 50 par-là… Un homme disait vouloir s'en procurer une quinzaine pour l'exposé de sa fille. D'autres se sont fait passer pour des salariés du journal et en ont acheté 146 en grande surface, prétextant une erreur dans le numéro », raconte un buraliste cité par l'enquête.

La mairie dément toute consigne

Contacté, le maire d'Annecy, Antoine Armand, a assuré qu'« aucune consigne n'a été donnée et qu'aucune organisation n'a été mise en place » pour tenter d'étouffer l'affaire. Il a ajouté que si une telle opération était avérée, il la « désapprouverait avec fermeté ». Malgré ces dénégations, les témoignages des commerçants et les ventes inhabituelles alimentent les soupçons d'une manœuvre orchestrée pour faire disparaître le journal des kiosques.

Anthony Granger, premier adjoint au maire et figure politique locale, a été placé en retrait de ses fonctions par Antoine Armand dès la révélation des accusations. L'élu, qui bénéficie de la présomption d'innocence, n'a pas fait de déclaration publique depuis l'ouverture de l'enquête.

Une affaire qui secoue la Ville d'Annecy

Cette affaire intervient dans un climat politique déjà tendu à Annecy. Le maire, ancien ministre macroniste, doit gérer les répercussions d'un scandale qui mêle violences sexuelles et tentative d'étouffement médiatique. L'enquête en cours devra déterminer si des élus ou employés municipaux ont ordonné ou participé à ces achats massifs de journaux.

L'Essor Savoyard a annoncé qu'il continuerait à suivre l'affaire et a salué le travail de RSF. Le parquet n'a pas communiqué de calendrier pour les suites de l'enquête préliminaire.

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