Père de famille traque un deuxième pédocriminel et dénonce l'inaction policière
Père traque un deuxième pédocriminel, dénonce l'inaction

Georges Bilello, le père de famille de Cagnes-sur-Mer qui avait traqué un pédocriminel en 2025, révèle avoir découvert un deuxième individu impliqué dans l'affaire de sa fille. Malgré un appel à Gérald Darmanin, aucune avancée n'a été constatée.

Un combat de longue haleine

Ce qui n'était au départ qu'une inquiétude paternelle s'est transformé en un combat de plusieurs années. Georges Bilello a fait de la lutte contre les prédateurs sexuels en ligne une cause personnelle après le drame vécu par sa fille adolescente, Léa (prénom modifié). Celle-ci a fait une tentative de suicide, sauvée in extremis par son père. Depuis, la colère l'habite.

L'histoire débute lorsque Georges découvre qu'un homme adulte a contacté sa fille sur les réseaux sociaux. Il contrôlait chaque semaine le téléphone portable de sa fille de onze ans, qu'il avait accepté de lui laisser sous condition de surveillance après le décès de sa mère. Derrière des échanges anodins se cachait une manipulation visant à obtenir des contenus intimes, ce que l'adolescente, fragile psychologiquement, a accepté.

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Une enquête parallèle

Ne pouvant rester spectateur, Georges a déposé plainte sans avancée notable. Il s'est lancé dans une enquête parallèle, multipliant les recherches numériques, recoupant les informations sur Internet et collaborant avec des bénévoles de la Team Moore. Ses investigations ont permis d'identifier le suspect, en Isère, et de fournir des éléments décisifs aux enquêteurs. L'homme a été interpellé et jugé au tribunal de Vienne, où il a écopé de douze mois de prison avec sursis. Lors du procès, le prévenu a évoqué un « premier viol » sans suite, sans que personne ne réagisse. « L'État ne sait pas protéger ses enfants », avait déploré Georges.

Un deuxième prédateur identifié

Mais l'individu n'était pas le seul. Georges l'avait signalé aux enquêteurs et au tribunal, sans qu'une enquête approfondie ne soit menée. Dès la création du profil Snapchat de sa fille, plusieurs hommes avaient ciblé cette « proie » fragile. Georges a finalement identifié un deuxième prédateur, cette fois dans le Bas-Rhin. Il a déposé plainte il y a un mois au commissariat d'Illkirch-Graffenstaden. « Une fois que j'ai bouclé le premier, je me suis attaqué au second. Cela a été très compliqué. Il est très prudent. Je me suis débrouillé pour avoir sa photo, son adresse et son numéro de téléphone », confie-t-il, sans révéler ses méthodes.

« Cela fait plus d'un mois que j'attends, je n'ai aucune nouvelle. Quand j'ai téléphoné au commissariat, ils m'ont dit qu'ils ne communiquaient pas. C'est pour cela que j'ai fait la lettre ouverte à Gérald Darmanin dans le contexte de l'affaire Lyhanna. Elle est la victime de trop. Cela n'aurait jamais dû arriver. »

Menace d'agir lui-même

Georges s'inquiète : l'affaire de sa fille remonte à mars 2025. Combien de jeunes filles cet homme a-t-il pu contacter ou pervertir depuis ? « Si rien ne bouge, les gens feront justice eux-mêmes. Si je n'ai pas de nouvelles, je prendrai des congés et j'irai le chercher moi-même. Et ce coup-ci, je vais vraiment le faire », prévient-il, excédé par le silence des autorités.

Sensibiliser les familles

Au-delà de cette demi-victoire judiciaire, Georges poursuit un autre objectif : sensibiliser les familles aux dangers des réseaux sociaux. Il alerte sur la facilité avec laquelle des adultes mal intentionnés contactent des mineurs et insiste sur l'importance du dialogue parents-enfants. « Aujourd'hui, l'endroit le plus dangereux, c'est la chambre des enfants », résume son avocat, Me Sannier.

Son combat est devenu celui de nombreux parents confrontés à la même inquiétude : protéger leurs enfants dans un monde numérique où les menaces sont invisibles. Cette mobilisation doit, selon lui, s'accompagner de davantage de moyens pour les enquêteurs et d'une meilleure prévention auprès des jeunes. « Si mon histoire peut éviter à une autre famille de vivre ce que nous avons vécu, alors ce combat n'aura pas été vain », conclut-il.

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