Un prédateur sexuel de 24 ans a été interpellé mercredi 22 juillet 2026 à son domicile du Lavandou, dans le Var, puis condamné à deux ans de prison. Pendant trois ans, il utilisait les réseaux sociaux pour inciter des mineures à lui fournir des photos et vidéos intimes, en se faisant passer pour un adolescent grâce à un profil généré par intelligence artificielle. Deux jeunes filles de moins de 15 ans sont tombées dans son piège.
Une manipulation glaciale : le faux profil IA
Le procédé fait froid dans le dos. Nicolas (prénom d'emprunt) fabriquait de fausses photos de profil à l'aide d'une application d'intelligence artificielle. Il se présentait comme « Nicolas, un beau garçon » à peine plus âgé que ses cibles. En réalité, les deux mineures, âgées de 12 et 14 ans, croyaient entretenir une relation amicale avec un adolescent virtuel. L'homme, doté d'une « capacité de manipulation extrême » selon une magistrate, a fini par obtenir des clichés et vidéos très intimes, voire dégradantes. « Il a détruit l'adolescence de ma fille », confie le père de l'une des victimes.
Plus de 2600 fichiers pédopornographiques
Lors de la perquisition, les gendarmes ont exhumé plus de 2 600 fichiers à caractère pédopornographique du smartphone de Nicolas. Ses penchants scatophiles et zoophiles ont également été mis en évidence. L'homme avait été signalé dès avril 2024 par l'association La Team Moore, dont les bénévoles traquent les pédophiles avec de faux profils. Les messages adressés en 2023 et 2024 à « Léa Barbier », une préadolescente fictive de 12 ans, étaient accablants. Mais la procédure a traîné, et le déménagement du suspect de Tourcoing vers Le Lavandou n'a rien arrangé.
Des victimes réelles piégées pendant un an
Entre décembre 2024 et juillet 2025, Nicolas a accroché deux vraies victimes. Il leur proposait de jouer à « action ou vérité », envoyait des photos de pénis, et les poussait à se filmer aux toilettes, à se masturber ou à s'introduire des objets. « Le langage est crû, sale, vous ne pouvez ressentir qu'un sentiment de malaise », décrit Me Alexis Pacarin, avocat de l'une des familles. Il évoque des « pressions morales », avec menaces et chantage au suicide. La préadolescente a bloqué trois comptes Snapchat et trois comptes Instagram, mais « il revenait toujours à la charge ».
La technique de l'avatar IA : une excuse ?
Jugé en comparution immédiate ce vendredi, Nicolas s'est excusé. Il justifie l'usage de l'avatar IA par « la peur, parce que je suis obèse ». « Les filles vont dire que je suis gros », ajoute-t-il. Interrogé par la procureure Pauline Loine sur ses tendances pédophiles, il répond « non », et assure ne pas tirer de plaisir de ses actes, en contradiction avec certains messages. « Il faut que j'arrête les réseaux sociaux, je sais que je dois faire un travail sur moi… J'espère ne pas aller en prison », déclare-t-il.
Condamnation et réactions
Il a été condamné à deux ans de prison, suivis d'un suivi sociojudiciaire de cinq ans. Du côté de La Team Moore, c'est l'abattement. « Ça me met aussi en colère parce que le but de notre action, c'est justement de protéger les enfants », réagit Neila Moore, contactée par Var-Matin. L'association déplore que l'alerte donnée dès 2024 n'ait pas empêché ces nouvelles victimes.



