Portables cachés dans des volailles : deux condamnés à Grasse
Portables dans volailles : deux condamnés

Quatorze téléphones portables, des cartes SIM et des chargeurs ont été découverts le 27 mai dernier dans dix colis de volailles destinés aux cuisines de la maison d’arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Les objets étaient dissimulés sous les barquettes, un mode opératoire original pour tenter d’introduire des téléphones dans l’établissement pénitentiaire. Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné un détenu de 23 ans et un préparateur de commandes de 23 ans, également niçois.

Un mode opératoire inédit

Les colis de volailles, destinés à la cantine de la prison, contenaient non seulement de la viande mais aussi des smartphones, des cartes SIM et des chargeurs. Cette méthode s’ajoute à d’autres techniques déjà observées, comme l’utilisation de drones ou le jet par-dessus les murs d’enceinte. « Ces téléphones aux mains de la criminalité organisée permettent de commanditer des assassinats ciblés, engendre des trafics et des bagarres tout comme ils servent à communiquer avec des proches », a déclaré la procureure Emilie Taligault lors de l’audience.

Les deux accusés

Yassin M., 23 ans, purgeait une peine de trois ans et demi pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Il a été repéré grâce aux appels entrants sur un téléphone portable découvert dans sa cellule. Il admet avoir partagé l’appareil avec son codétenu mais nie être à l’origine du trafic. Il travaillait comme auxiliaire de cuisine et était présent le jour de la livraison.

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Nicolas L., également 23 ans, préparateur de commandes dans l’entreprise alimentaire fournisseur de la prison, a été interpellé sur son lieu de travail. Il a avoué avoir accepté 500 euros pour cette livraison, déclarant « n’avoir pas réfléchi aux conséquences de mes actes ». Selon l’enquête, il pourrait y avoir eu jusqu’à trois tentatives similaires, certaines ayant peut-être abouti ; une enquête administrative est en cours.

Les réquisitions et la défense

La procureure a regretté qu’« il manque des maillons dans cette chaîne », en référence à d’éventuels complices non identifiés. Elle a requis six mois de prison pour Yassin M. pour recel et la relaxe pour la tentative de remise irrégulière, et deux ans pour Nicolas L. Les avocates de la défense, Mes Julie Schlembach et Myriam Houam, ont plaidé l’entraide entre amis d’enfance, aux conséquences graves : la perte d’emploi pour l’un et l’impossibilité de continuer comme auxiliaire de cuisine pour l’autre.

Le verdict

Yassin M. a été condamné à six mois de prison, relaxé pour la remise irrégulière. Nicolas L. a écopé d’un an de prison avec maintien en détention. L’affaire illustre les défis sécuritaires dans les prisons françaises face aux tentatives d’introduction de téléphones portables, souvent utilisés par la criminalité organisée.

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