Une retraitée de Capbreton (Landes) a attaqué la mairie en justice pour faire taire la cloche de la chapelle Sainte-Thérèse, située à côté de sa maison. Le 15 septembre, le tribunal a rejeté sa demande, estimant qu'elle n'y réside pas et n'est donc pas directement affectée par les nuisances dénoncées. La plaignante devra verser 1 500 euros à la mairie.
Une cloche qui sonne trois fois par jour depuis 2020
Depuis 2020, la cloche de la chapelle Sainte-Thérèse sonne chaque midi et chaque soir à 19 heures, avec une trentaine de coups qui résonnent dans la maison de cette propriétaire landaise à la retraite. "Quand j'ai acheté cette maison secondaire en 2019, la cloche ne sonnait pas. La chapelle était en réparation, il n'y avait aucun bruit depuis des années", explique l'intéressée, citée par Sud Ouest. Un an plus tard, le tintement se fait de nouveau entendre, trois fois par jour. "Personne ne nous a demandé notre avis, ni ne nous a prévenus", regrette la riveraine, qui ne vient que l'été et durant les vacances.
Un compromis insuffisant pour la riveraine
Avec une poignée d'habitants, elle se mobilise et obtient une première victoire : la sonnerie de 8 heures est supprimée et le nombre de coups réduit de moitié. Un compromis qui satisfait tous les plaignants… ou presque. La retraitée n'en démord pas : elle veut que le volume des tintements diminue drastiquement. "J'y réside l'été, et j'y viens régulièrement, mais à cause de ça, je ne me vois pas le louer à l'année. On ne peut même pas prendre l'apéro dehors", s'agace-t-elle.
Ni le diocèse, ni la paroisse ne donnent suite à sa demande, expliquant qu'il était "très difficile" d'atténuer le volume d'une cloche et refusant de dépenser autant d'argent pour son seul confort. "Je n'aurais peut-être pas dû y aller", souffle la retraitée.
La justice rejette la demande
À court d'options, elle se tourne vers la justice. Pour composer son dossier, elle fait appel à un huissier qui constate que le volume des cloches est bien supérieur à ce qu'autorise la loi. Elle entame alors des poursuites contre la mairie de Capbreton. En vain. Le 15 septembre, le tribunal rejette sa demande. S'il ne conteste pas le dépassement des décibels, il considère que "la requérante ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors que, si elle est bien propriétaire de l'ensemble immobilier qui jouxte la chapelle Sainte-Thérèse, elle n'y réside pas et ne peut dès lors être affectée par les troubles qu'elle dénonce".
En clair : elle n'habite pas dans la maison et n'est donc pas directement affectée par les nuisances dénoncées. "Désormais, je sais à quoi m'en tenir", conclut la retraitée, qui doit désormais verser 1 500 euros à la mairie de Capbreton.