Une atmosphère de travail dégradée règne-t-elle au sein de la police municipale du Plan-de-la-Tour ? La cheffe de poste a été suspendue pour une durée de quatre mois, à la suite d'une accumulation de témoignages dénonçant son management et d'une plainte déposée par un ancien agent pour « harcèlement moral ». L'enquête se poursuit.
Une décision administrative après des signalements répétés
La semaine dernière, les habitants ont appris la mise à pied provisoire de la directrice de la police municipale. Une information confirmée par la municipalité, qui reste discrète sur la procédure. « Une mesure provisoire a été prise dans l'intérêt du service et de l'agente », a simplement déclaré Fabien Banet, adjoint à la communication.
Cette décision fait suite à un rapport du centre de gestion de la fonction publique (CDG), qui a recueilli de nombreux témoignages reprochant à la cheffe un management « excessif et autoritaire ». Son travail administratif n'est pas remis en cause, mais son relationnel défaillant aurait désorganisé le service.
Dix départs en quatre ans
Selon nos informations, plusieurs personnes ont été entendues entre janvier et mars 2026 : l'ancien maire Laurent Giubergia, la cheffe du service, d'anciens et actuels agents, ainsi que l'actuel maire M. Latil. Les enquêteurs ont notamment ciblé les départs en cascade depuis l'arrivée de la cheffe en septembre 2022 : dix au total, dont quatre démissions et un licenciement en période d'essai. Certaines tensions auraient même poussé une agente à déménager son bureau en mairie.
Plainte pour harcèlement et enquête de gendarmerie
Parallèlement, la gendarmerie a mené des auditions après le dépôt d'une plainte pour « harcèlement moral présumé » par un ancien agent, qui n'est pas resté longtemps en poste en raison de l'atmosphère toxique. « Une enquête est en cours sous l'autorité du Parquet de Draguignan », a confirmé le commandement de la compagnie de Gassin.
Dès 2024, un autre plaignant avait adressé un courrier à la commune pour dénoncer « des pressions et des intimidations » de la cheffe. Des habitants auraient également signalé des interactions « agressives » avec elle.
La cheffe conteste et se défend
Sollicitée, l'agente suspendue a fait parvenir un message : « En ma qualité d'agent public, je suis strictement tenue au devoir de réserve. Je ne ferai aucun commentaire détaillé. » Elle ajoute : « Je conteste formellement la légitimité de cet arrêté de suspension, ainsi que l'intégralité des motifs et fondements juridiques invoqués. Mes conseils et avocats ont été saisis pour engager toutes les procédures utiles, tant administratives que pénales, afin de rétablir la vérité et faire valoir mes droits. »



