Plages de Nice : la gauche veut sanctionner les discriminations
Plages de Nice : la gauche veut sanctionner les discriminations

Les élus de gauche et écologistes de Nice réclament au maire et président de la Métropole, Éric Ciotti, des sanctions contre les plages privées qui se montreraient coupables de discriminations. Ils s'appuient sur la dernière enquête de SOS Racisme, qui met en évidence des discriminations raciales à l'entrée de plages privées et établissements de nuit, dont plusieurs à Nice et Antibes.

Une clause pour rompre les contrats en cas de condamnation

« Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit et il doit être sanctionné, entame Julien Picot, conseiller municipal communiste. Les plages privées étant des concessions d'occupation du domaine public, nous demandons que la collectivité mette fin immédiatement aux contrats si les faits constatés par SOS Racisme étaient confirmés par la justice. Car ils révéleraient des pratiques incompatibles avec les valeurs de la République et les principes d'égalité. »

« Notre proposition a aussi une dimension symbolique, poursuit le socialiste Patrick Allemand. C'est une manière de condamner fermement le racisme et d'exercer une pression sur les concessionnaires afin qu'ils fassent preuve d'exemplarité vis-à-vis des autres établissements privés avec lesquels la Ville et la Métropole n'ont pas de liens contractuels. Nous avons conscience qu'il peut être compliqué de rassembler des preuves et de déposer plainte mais nous nous tiendrons toujours aux côtés des victimes. »

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Charte et formations en alternative

Concrètement, l'élu propose « d'insérer dans les contrats une clause qui permettrait d'y mettre un terme en cas de condamnation ». « Nous pouvons aussi imaginer que la Métropole agisse de différentes manières : pourquoi pas en faisant signer une charte aux concessionnaires ou en leur proposant des formations sur la lutte contre les discriminations, renchérit Julien Picot. Cette cause est noble mais surtout indispensable dans un département où la droite réactionnaire et l'extrême droite prennent de plus en plus de place. »

Le syndicat des plagistes rejette les accusations

Le président du syndicat des plagistes et patron du Blue Beach, René Colomban, balaie les accusations : « Toutes les plages sont fréquentées par une clientèle très cosmopolite. Il nous arrive de refuser des clients parce qu'ils n'ont pas un comportement acceptable ou que nous affichons complet, mais aucun établissement n'a été condamné pour discrimination. » Il insiste : « Insérer ce type de clause n'a pas de sens : un mécanisme similaire doit déjà exister dans les contrats. »

Les résultats du testing de SOS Racisme

SOS Racisme a effectué un testing consacré aux discriminations raciales dans l'accès aux loisirs, dont les résultats ont été dévoilés le 28 juillet 2026. L'association relève que « pour [11 des 23] plages privées [éprouvées à Nice et Antibes], plus d'un testing probant sur six révèle une discrimination » et que « pour les établissements de nuit, près d'un testing probant sur trois révèle une discrimination ».

SOS Racisme rapporte qu'à l'entrée d'une boîte de nuit « à Nice, le groupe perçu comme noir s'est vu annoncer un tarif de 200 euros [pour une table]. Aucun tarif n'a été mentionné au groupe perçu comme arabe, tandis que le groupe perçu comme blanc s'est vu proposer une entrée à 15 euros, incluant une consommation. […] Ces différents cas, cités à titre d'illustration, témoignent de la diversité des mécanismes discriminatoires : refus d'entrée, invocation de motifs contredits par l'accueil réservé au groupe de contrôle, application de tarifs différents ou propos stigmatisants. »

L'enquête souligne également que « les résultats montrent que les comportements discriminatoires ne sont pas systématiques. Les plages privées de Nice et d'Antibes testées deux jours de suite n'ont notamment pas reproduit les mêmes comportements d'un jour à l'autre. Ils démontrent toutefois que ces pratiques sont suffisamment fréquentes pour exposer les personnes perçues comme noires ou arabes à un risque réel d'être refusées, désavantagées, surfacturées ou humiliées en raison de leur origine réelle ou supposée. »

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