Pare-feu illégal au Cap-Ferret : une association anti-corruption porte plainte
Pare-feu illégal au Cap-Ferret : plainte déposée

L'association anti-corruption AC !! a déposé plainte mercredi contre X pour demander une enquête sur les circonstances de la création d'un pare-feu lancé illégalement par un homme d'affaires du Cap-Ferret lors du mégafeu en Gironde. Cette initiative, prise publiquement le 23 juillet par Benoît Bartherotte, président de l'Association de défense de la pointe du Cap-Ferret (ADPCF), a consisté à abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu, sans autorisation préalable.

Un chantier controversé sans autorisation préalable

L'incendie, parti en milieu de journée de Saumos, s'approchait alors du bourg de Lège-Cap-Ferret, plus au nord. Les autorités ont évacué des dizaines de milliers de personnes du bourg de Lège et de la presqu'île, face au risque d'avancée des flammes sur l'unique route d'accès au secteur. Le septuagénaire, propriétaire d'un terrain de 4 hectares sur la presqu'île huppée du Sud-Ouest, a assumé le 29 juillet sur « son » chantier, financé par son association, d'être « dans l'action » face à « l'urgence », expliquant avoir fait jouer ses réseaux « jusqu'à Brigitte Macron » pour obtenir une autorisation a posteriori.

Dans sa plainte, AC !! pointe un chantier débuté sans autorisation, sur des terrains qui appartenaient pour partie à la municipalité et à l'Office national des forêts (ONF). Le chantier de Benoît Bartherotte, à l'extrême-sud de la presqu'île, avait été suspendu le 26 juillet à la demande de la mairie, avant de reprendre deux jours plus tard suite à des « discussions avec les autorités », relève l'association anti-corruption. Celle-ci réclame une enquête sur « d'éventuelles infractions environnementales et forestières » et sur « les conditions exactes dans lesquelles certaines autorités publiques ont pu permettre ou faciliter » la poursuite du chantier.

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Des critiques sur la protection d'une propriété privée

Localement, « on connaît M. Bartherotte qui a un culot monstre », commente Jean-Pierre Steiner, ancien commissaire de police membre d'AC !!. « À travers son association, il a d'abord protégé sa propriété, pas la nature », fustige-t-il, estimant que l'homme d'affaires s'est « exempté » du respect des règles et a ensuite « tordu le bras » des autorités pour faire autoriser un ouvrage réalisé « sans aucune coordination en amont ».

Le 27 juillet, un deuxième pare-feu, bien plus vaste, est réalisé légalement par les autorités, plus au nord à l'entrée de la presqu'île, dans des travaux colossaux consistant à créer au total 127 kilomètres de pare-feu pour empêcher la progression des flammes dans le département. Cette intervention légale contraste avec l'initiative de Benoît Bartherotte, qui a agi de manière unilatérale.

L'homme d'affaires justifie son action par une carence publique

Benoît Bartherotte est installé depuis le début des années 1980 sur la presqu'île, où il s'est fait connaître par ses incessants travaux pour maintenir une digue de lutte contre l'érosion, objet d'un bras de fer judiciaire depuis plusieurs décennies avec les autorités. Contacté, l'homme d'affaires ne conteste pas avoir agi sans autorisation initiale mais explique l'avoir fait « en substitution de la carence de la force publique ». « On a fait très vite, sans que ça ne coûte rien au contribuable. Alors oui, que des gens soient intervenus pour s'insurger de la suspension de notre chantier et que ces interventions aient déterminé une intervention rapide de l'État, c'est possible, mais c'est sensé », estime-t-il.

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