Paname Art Café: des humoristes dénoncent sexisme et salaires impayés
Paname Art Café: humoristes dénoncent sexisme et impayés

Le Paname Art Café, célèbre comedy club parisien, est au cœur d'une polémique. Plusieurs humoristes dénoncent des méthodes de gestion contestables, allant du sexisme à la non-rémunération des artistes. Selon une enquête de Libération, publiée le 7 août 2026, les témoignages se multiplient pour décrire un environnement de travail toxique.

Des accusations graves portées par des artistes

Des humoristes, qui se produisent régulièrement au Paname Art Café, ont décidé de briser le silence. Ils évoquent des pratiques discriminatoires, notamment envers les femmes. « Il y a du sexisme et les artistes sont très mal payés, voire pas du tout », confie l'un d'eux sous couvert d'anonymat. Ces accusations, rapportées par Libération, mettent en lumière un système où la précarité des artistes serait la norme.

Le club, situé dans le 10e arrondissement de Paris, est pourtant réputé pour avoir lancé de nombreux talents de la scène humoristique française. Mais derrière cette vitrine, plusieurs témoignages décrivent des conditions de travail déplorables. Certains artistes affirment n'avoir jamais reçu de cachet pour leurs prestations, malgré des promesses répétées.

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Un système de rémunération opaque

L'enquête de Libération révèle que les artistes sont souvent rémunérés en « billetterie », c'est-à-dire qu'ils ne touchent un pourcentage que si le spectacle fait salle comble. Or, dans la pratique, de nombreux humoristes repartent sans un centime, même lorsque le public est venu en nombre. Cette pratique, courante dans certains comedy clubs, est ici dénoncée comme un moyen de pression sur les artistes.

Un humoriste, qui a souhaité rester anonyme, explique : « On nous demande de ramener du public, mais on ne voit jamais la couleur de l'argent. C'est un système qui profite de la précarité des artistes. » Selon lui, les cachets moyens seraient de l'ordre de 20 à 30 euros par spectacle, bien en dessous des minimas syndicaux. En comparaison, les grands théâtres parisiens versent en moyenne 150 euros par représentation.

Des témoignages de sexisme et de harcèlement

Au-delà des questions financières, plusieurs femmes humoristes dénoncent un climat sexiste. Elles rapportent des remarques dégradantes, des propositions déplacées, et une inégalité de traitement dans la programmation. « Les femmes sont souvent cantonnées à des créneaux moins porteurs, et on leur demande de “séduire” le public », témoigne une artiste. Ces pratiques, bien connues dans le milieu du spectacle, sont ici décrites comme systémiques.

Un ancien salarié du club, interrogé par Libération, parle d'une « culture d'entreprise toxique » où la parole des femmes est systématiquement minimisée. Il évoque également des cas de harcèlement moral envers le personnel, avec des pressions constantes pour augmenter la rentabilité, au détriment de la qualité artistique.

La direction du club se défend

Interrogée par Libération, la direction du Paname Art Café nie en bloc ces accusations. Elle affirme que les artistes sont rémunérés conformément à la loi et que le club respecte l'égalité de traitement entre hommes et femmes. Elle invoque également le contexte difficile du monde du spectacle, où la concurrence est rude et les marges faibles.

Cependant, les témoignages recueillis par le journal contredisent cette version. Plusieurs artistes affirment avoir des preuves, comme des échanges de messages ou des relevés bancaires, montrant l'absence de paiement. Certains envisagent de saisir les prud'hommes pour faire valoir leurs droits.

Un problème plus large dans le milieu des comedy clubs

Cette affaire n'est pas isolée. Elle met en lumière les dérives de certains comedy clubs parisiens, où la précarité des artistes est souvent la règle. Selon une étude récente, près de 60% des humoristes débutants gagnent moins de 100 euros par mois. Beaucoup acceptent des conditions déplorables par passion, mais aussi par peur de ne plus être programmés.

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Des associations d'artistes, comme la Ligue des Humoristes, appellent à une régulation du secteur. « Il faut un statut clair pour les artistes de scène, avec des minimas de rémunération et un contrôle des conditions de travail », plaide sa présidente, Marie Dupont. Elle espère que cette affaire servira de déclic pour une prise de conscience collective.

Vers une prise de conscience ?

Depuis la publication de l'enquête, plusieurs artistes ont annoncé qu'ils boycotteraient le Paname Art Café. Sur les réseaux sociaux, une pétition a été lancée pour demander des comptes à la direction. En quelques jours, elle a recueilli plus de 5 000 signatures. Cette mobilisation pourrait inciter d'autres clubs à revoir leurs pratiques.

En attendant, les humoristes victimes espèrent que la justice fera son travail. « Nous ne demandons pas la charité, mais le respect de notre travail », conclut l'un d'eux. Une prise de conscience qui pourrait bien changer les règles du jeu pour toute une profession.