Une quinzaine d'habitants du quartier de l'Arboux à La Grand-Combe (Gard) se sont rassemblés jeudi 9 juillet après-midi devant la maison de quartier pour dénoncer des nuisances sonores récurrentes, exacerbées par la canicule. « On ne demande pas la fermeture de la salle. On demande simplement de pouvoir dormir », résume Cécile D., dont le logement fait face à la salle municipale louée pour des fêtes privées.
Des nuisances installées depuis plusieurs années
Les riverains décrivent un scénario qui se répète : une salle sans climatisation ni isolation, des fenêtres ouvertes pour tenter de respirer, une musique qui déborde, des discussions tardives, et tout un quartier privé de sommeil. La dernière soirée, du 27 juin aux petites heures du lendemain, a été « la goutte de trop ». « Quand il fait 35 degrés, les gens ne peuvent pas rester enfermés. Ils ouvrent tout. Nous, on a la musique comme si elle était dans notre salon », témoigne Cécile D.
Noëllie raconte des soirées commençant en fin d'après-midi et se prolongeant bien après les horaires autorisés. Marie-Hélène évoque des barbecues installés à l'extérieur « à une heure du matin ». Marcelle assure être régulièrement réveillée avant son départ au travail par des jeunes. D'autres signalent des stationnements anarchiques, des véhicules dégradés, des regroupements à l'extérieur de la salle et l'absence de gendarmes malgré les appels.
Un sentiment d'impuissance face à la mairie
Les habitants insistent : leur combat ne vise pas le lieu lui-même. « Cette salle est utile au quartier. Mais il faut un cadre. Aujourd'hui, il n'y a aucun suivi », estime Marie-Hélène. Plusieurs disent avoir alerté les élus à plusieurs reprises, sans résultat concret. Cécile D. a été reçue en mairie lundi : « Tout ce que j'ai entendu, c'est qu'il faut attendre la police municipale qui arrivera en 2027-2029. Aujourd'hui, les moyens manquent pour faire respecter les règles. »
La situation illustre ce que les riverains qualifient d'« aberration » : la commune loue une salle à tarif modeste, qui devient une étuve en période de chaleur, tout en imposant aux occupants de garder portes et fenêtres fermées pour préserver la tranquillité. « C'est un choix impossible : soit les locataires suffoquent, soit ils ouvrent et tout le quartier subit le bruit », résume Cécile D. « Le plus simple reste de ne pas la louer dans ces conditions. »
La mairie promet des contrôles renforcés
La maire Pascale Eugène, élue en mars dernier, assure avoir découvert récemment l'ampleur du mécontentement. « Il n'est pas question que les habitants subissent les nuisances de personnes qui ne respectent pas les règles », affirme-t-elle. Le règlement impose une fermeture de la salle à 22 heures, mais elle reconnaît des débordements lors de la dernière location. La municipalité annonce que le locataire concerné, qui souhaitait réserver à nouveau, ne pourra plus le faire. L'élue entend rappeler systématiquement les règles aux futurs utilisateurs et envisage des contrôles sur place à l'heure de fermeture. « Nous allons être beaucoup plus vigilants, nous n'avons pas de police municipale, mais nous allons faire au mieux », promet-elle.



