La cour d'appel du district de Columbia a maintenu, vendredi 7 août, la suspension des travaux de la monumentale salle de bal que Donald Trump fait construire à la Maison Blanche. Cette décision constitue un nouveau revers pour le président américain, qui compte désormais saisir la Cour suprême. Le projet, d'un coût estimé à 400 millions de dollars, est au cœur d'une bataille judiciaire depuis son lancement.
Un projet colossal et contesté
En octobre dernier, Donald Trump a fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour édifier une salle de bal de plus de 8 000 m², pouvant accueillir jusqu'à 1 000 personnes. Le président républicain ambitionne de créer « la plus belle salle de bal du monde », avec un budget prévisionnel passé de 200 à 400 millions de dollars, financé selon lui intégralement par des dons privés.
Dès le début, le projet a été contesté en justice par la National Trust for Historic Preservation (NTHP), une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques. En mars et avril, un juge fédéral, Richard Leon, a prononcé à deux reprises la suspension de la construction, arguant que le projet nécessitait l'accord du Congrès. Le juge a rappelé que « le président des États-Unis est le gardien de la Maison Blanche pour les futures générations de familles présidentielles. Il n'en est toutefois pas le propriétaire ! »
Des travaux malgré les suspensions
Malgré ces décisions, Donald Trump a poursuivi les travaux, comme il l'a montré aux médias le 19 mai dernier. Des photographies prises fin juillet par l'AFP montrent l'avancement du chantier, avec une dalle et des structures basses en voie de construction, flanquées de deux grues. Le président américain a également fait valoir que le bâtiment serait équipé d'une plate-forme de drones et d'autres dispositifs militaires, présentant le projet comme une entreprise de sécurité nationale.
La cour d'appel a toutefois indiqué que ce blocage n'avait « rien à voir » avec la pertinence du projet lui-même, mais s'expliquait par le fait que le président avait lancé les travaux sans obtenir un feu vert du Congrès. Le gouvernement n'a « pas l'autorité illimitée » de « redessiner, remodeler et reconstruire la Maison Blanche - la Maison du Peuple - pour répondre au désir personnel d'un président », a souligné la juridiction.
Vers la Cour suprême
Donald Trump a fustigé cette décision « prise alors qu'une grande partie des travaux a déjà été réalisée et financée », la qualifiant sur sa plateforme Truth Social de « menace pour la sécurité nationale » et de « honte nationale ». Il a annoncé son intention de faire appel devant la Cour suprême des États-Unis, qu'il a qualifiée de « jugement horrible, motivé par des raisons politiques et illégal ».
La Cour suprême est actuellement dominée par les juges conservateurs, dont trois nommés par Donald Trump durant son premier mandat. Elle a néanmoins déjà montré son indépendance vis-à-vis du président, comme lorsqu'elle a annulé la majorité des droits de douane qu'il avait imposés à son retour à la Maison Blanche.
D'autres chantiers en cours
À côté de la salle de bal, un autre chantier est en cours : une aire bétonnée destinée à l'atterrissage et au décollage de l'hélicoptère présidentiel. Donald Trump a lancé de nombreux projets de construction ou de rénovation à Washington, qu'il suit de très près, consacrant une part importante de ses messages sur Truth Social ou de ses discours à ces divers chantiers. Le républicain dit vouloir rendre sa splendeur à la capitale américaine, tandis que ses détracteurs l'accusent de dilapider l'argent public pour flatter sa propre vanité.



