Notes de frais d'Estrosi : enquête ouverte à Nice pour détournement
Notes de frais d'Estrosi : enquête ouverte à Nice

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour « détournement de fonds publics » visant l'ancien maire de Nice, Christian Estrosi, a confirmé le procureur de la République, Damien Martinelli. Cette décision fait suite à un signalement effectué fin juillet par le nouveau maire UDR, Éric Ciotti, sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale. L'enquête a été confiée au service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Nice.

Un signalement fondé sur l'article 40

Selon nos informations, le dossier est désormais sur la table des enquêteurs du SIPJ de Nice. Le parquet avait été saisi fin juillet par un signalement émanant d'Éric Ciotti, qui avait prévenu fin mai, un peu plus d'un mois après son élection, qu'il saisirait la justice s'il n'obtenait pas les justificatifs pour certaines notes de frais. Il avait laissé 30 jours à son prédécesseur pour fournir les documents. Toutefois, l'avocat de l'ancien premier magistrat niçois a répondu par courrier que rien ne serait fourni, sans attendre la fin de l'ultimatum.

312 023 euros sans justificatif

Selon la nouvelle majorité municipale, les services municipaux affirment avoir exhumé, entre 2016 et 2025, plus de 380 000 euros de frais de représentation engagés pour Christian Estrosi par la métropole Nice Côte d'Azur. Près de 69 000 euros ont été reversés. Cependant, pour 312 023 euros, aucun justificatif n'a été trouvé pour attester de ces dépenses. « Aucun reçu, aucune facture », jurent les services du nouveau président de la collectivité métropolitaine. L'argent est bien sorti des caisses, mais impossible de savoir ce qu'il a financé.

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Le rôle de l'association Transparence citoyenne

À l'origine de cette affaire, l'association Transparence citoyenne, soutenue financièrement à hauteur de 10 000 euros par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, exilé fiscal en Belgique depuis 2012. Ce soutien financier rapproche l'association de la galaxie de projets idéologiques et philanthropiques, comme le Fonds du Bien commun ou le projet politique Périclès, impulsés par le chef d'entreprise pour promouvoir des idées très à droite et conservatrices. Pierre-Édouard Stérin a joué un rôle clé dans le positionnement d'élus pour l'UDR, le parti fondé par Éric Ciotti, lors des législatives de 2024.

Après s'être attaquée aux frais de Robert Ménard, le maire de Béziers, ou d'Anne Hidalgo à Paris, Transparence citoyenne avait réclamé les justificatifs de Christian Estrosi dès 2024. L'association s'était heurtée à un refus et avait saisi le tribunal administratif. La bascule de la mairie en mars dernier a tout accéléré. En avril, Transparence citoyenne a demandé les documents au nouveau premier magistrat, et Éric Ciotti n'a pas hésité à lancer l'offensive contre son ex-rival. Contacté, Christian Estrosi n'a pas répondu à nos sollicitations.

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