Un ancien militaire a été condamné ce mardi matin par le tribunal correctionnel de Toulon à six mois de prison assortis d'un sursis probatoire pour avoir commis, à seulement un jour d'intervalle, des infractions en lien avec une alcoolisation massive. Romuald (1) a été interpellé en fin d'après-midi du 9 novembre 2025 à la suite d'un accident de la circulation sur le boulevard de Strasbourg, dans le centre-ville de Toulon. Incapable de souffler dans l'éthylomètre avant le lendemain, son alcoolémie a été estimée à 3 g/l de sang.
Deux incidents en 24 heures
La veille, il avait été pris en charge par les pompiers alors qu'il était avachi sur le siège conducteur de sa voiture à l'une des barrières de sortie du parking Mayol. Une bouteille de vodka se trouvait dans l'habitacle. Il avait dû être transporté aux urgences dans la foulée. À la barre du tribunal, Romuald confirme qu'il n'a aucun souvenir de ces épisodes. Aux policiers qui l'avaient entendu, il avait nié avoir un problème avec l'alcool.
Détention provisoire et réaction positive
Le vétéran avait été placé en détention provisoire compte tenu d'un risque de réitération. « Il a passé 15 jours à [la prison de] La Farlède dans des conditions particulièrement difficiles au regard de son parcours et de sa situation personnelle », explique son avocat, le bâtonnier Régis Durand. Romuald a été contrôlé en état d'ivresse manifeste dès le 28 novembre sur la place de la Liberté. « Ce qui est positif dans cette triste histoire, c'est sa réaction : il a demandé à être hospitalisé », plaide Régis Durand. « Tout ça a amené du mieux, il y a un suivi psychiatrique très appuyé et il est entré dans un parcours de réhabilitation sociale. »
Un parcours marqué par le stress post-traumatique
Et la procureure Stéphanie Batlle de dresser l'impressionnante liste de médicaments prescrits à Romuald, chez lequel a été diagnostiqué un syndrome de stress post-traumatique en lien avec des missions réalisées en Afghanistan. L'homme a dû également s'occuper seul de son fils handicapé après que son épouse a été victime de trois accidents vasculaires cérébraux. Sa consommation excessive d'alcool — « pour ne pas se suicider » — l'a notamment rendu diabétique.
Abstinent depuis le mois de juin, le prévenu en arrêt pour longue maladie et désormais suivi par une clinique spécialisée — en plus d'un accompagnement par un dispositif dédié aux blessés de guerre — aspire à retrouver « un poste adapté » dans l'administration qui l'emploie. « Là c'est le combat de votre vie », lui a lancé la présidente du tribunal, Valeryanne Lorenzini. « Vous êtes quelqu'un qui se soigne, qui se sèvre, mais vous êtes toujours alcoolique, c'est une maladie chronique. »
1. Son prénom a été modifié.



