Nîmes : un an après les fusillades, espoir et vigilance dans les quartiers
Nîmes : un an après les fusillades, espoir et vigilance

Un an après les fusillades qui ont terrorisé les habitants des quartiers de Nîmes et le couvre-feu imposé, des habitants et responsables associatifs témoignent d'une relative accalmie mais aussi de préoccupations persistantes. Le 26 juin 2025, sur la place Avogadro à Valdegour, un collégien venant de passer son brevet a été grièvement blessé par des tirs en rafales. Il faisait partie des six victimes blessées par balles ce jour-là. D'autres fusillades ont suivi, dont un mort au Mas de Mingue et des tirs à Pissevin, avec des vidéos insoutenables diffusées par les trafiquants sur les réseaux sociaux. Un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans a été imposé dès le 21 juillet 2025 dans six quartiers prioritaires de Nîmes.

Des jeunes qui étudient et veulent du beau

Pendant l'été 2025, le centre social Les Mille couleurs à Pissevin est resté ouvert en adaptant ses horaires. "Nous avons pu mettre en place des séjours et des visites à Sète, à Aix-en-Provence pendant les deux mois de l'été. On a réussi à donner un peu d'espoir", témoigne Raouf Azzouz, le directeur du centre social, rencontré ce 26 juin. "Nous avons une jeunesse qui n'a pas baissé les bras. Il y a ici à Pissevin des jeunes qui étudient, veulent du beau. Vivre ensemble, c'est le pouvoir agir ensemble", confient le directeur et un habitant.

Un an plus tard, les dealers sont moins présents ou plus discrets. Les policiers patrouillent régulièrement pour maintenir la pression. "On est moins angoissé", confie une retraitée qui joue aux dominos dans une salle climatisée du centre social. Les jeunes du centre, guidés par le street artiste Grumo, ont inauguré une fresque sur les murs de la station Esso : un héron et un cheval de Camargue aux couleurs de la station.

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Un été 2026 sous le signe de l'espoir

Soutenu par la ville de Nîmes, la CAF, la Région, le Département et l'État, le centre social Les Mille couleurs (16 salariés, une trentaine de bénévoles, des contrats civiques) prépare l'été 2026. Une centaine de jeunes partiront en camping à l'Espiguette ou sur d'autres sites. "Le quartier a retrouvé une certaine sérénité", confie un habitant. "Cela s'est un peu calmé, confirme une retraitée. On est moins angoissés." Mais une autre adepte des dominos tempère : "Dans nos HLM, aujourd'hui, c'est une bouilloire. Pendant le couvre-feu, on était dans ce local pour danser, faire un peu n'importe quoi. On se sentait en sécurité."

À Valdegour, des parents d'élèves vigilants

L'association PASEO, qui travaille à Pissevin auprès de 140 familles, a aussi porté ses fruits. À la rentrée scolaire, les pères sont venus récupérer les enfants, au moins pendant quelques mois. "C'est un constat partagé avec d'autres intervenants, rappelle Marion Laibe, la directrice de Paseo. Nous avons aujourd'hui plus d'interlocuteurs directs, une volonté d'avancer." Cependant, la mort d'un enfant fauché par une voiture conduite par un chauffard de 17 ans assombrit le tableau. "Les familles sont fatalistes. Les parents sont inquiets quand leurs enfants sortent le soir, décrit Marion Laibe. Et on doit continuer à travailler pour ne pas subir."

À Valdegour, des parents d'élèves maintiennent la pression. "Les parents sont un peu plus impliqués, se mobilisent, s'investissent, constate Hanane Aschamboun, représentante de l'association des parents d'élèves de l'école élémentaire Paul-Marcelin. Aujourd'hui, nous avons retrouvé un esprit de famille. On fait attention à nos enfants. Et on espère des changements… Il y a toujours ces voitures qui roulent à une vitesse folle. Des projectiles sont jetés sur le toit de l'école ou dans la cour. Nous avons demandé l'installation d'un filet et un système pour sécuriser l'accès à l'école, et plus de passages de la police municipale."

Urgence pour La Poste et le futur poste de police

De grosses inquiétudes demeurent. Les habitants se désespèrent de la fermeture de La Poste, qui doit déménager dans un bâtiment neuf. La bibliothèque est dans des locaux préfabriqués provisoires. Le futur poste de police (municipale et nationale) doit ouvrir ses portes, mais quand ? "On ne va pas attendre 10 ans ! Il faut des signes forts pour montrer que cela change", assure Raouf Azzouz, directeur du centre social de Pissevin.

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