Filtres à eau : la PME Aralis répond aux PFAS dans le Gard et le sud de Lyon
Filtres à eau : Aralis face aux PFAS dans le Gard et Lyon

Dans le Gard et le sud de Lyon, où des taux de PFAS particulièrement élevés ont été relevés dans l'eau du robinet, la PME lyonnaise Aralis propose son système Filtrabio pour équiper écoles et ménages. Cette solution de fortune ne règle pas tous les problèmes, mais elle offre une réponse immédiate à une pollution préoccupante.

Une pollution révélée par une ONG

En février 2024, l'ONG Générations Futures a révélé la présence de TFA (acide trifluoroacétique) dans le réseau d'eau potable de 31 communes du Gard. Cette pollution, confirmée par l'agence régionale de santé Occitanie, provient des rejets de l'usine chimique Solvay de Salindres. Le TFA, un polluant éternel, est soupçonné d'être un perturbateur endocrinien et hépatique.

Aurélie (prénom modifié), enseignante dans l'une de ces communes, a découvert que l'eau de son robinet contenait 18 microgrammes de TFA par litre. Ce taux est huit fois supérieur à la préconisation néerlandaise, mais en France, la concentration tolérable est fixée à 60 microgrammes par litre, avec un objectif de réduction à 10 microgrammes par litre. Malgré les assurances des autorités, Aurélie a cessé d'utiliser l'eau du robinet, même pour laver les légumes, et s'est lancée dans une quête de solution de filtrage.

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La solution Filtrabio d'Aralis

Après des mois de recherche, Aurélie a contacté la PME lyonnaise Aralis, qui lui a proposé de tester sa bonbonne filtrante Filtrabio. Les analyses réalisées par le laboratoire Ianesco à Poitiers, qui a développé une méthode spécifique pour le TFA, ont montré qu'après filtration, l'eau ne contenait plus que 0,59 microgramme par litre. "Les analyses réalisées avec le laboratoire Ianesco à Poitiers, qui a développé une méthode spécifique pour le TFA, ont montré qu'après filtration, l'eau ne contenait plus que 0,59 microgramme par litre", se réjouit Aurélie. L'appareil trône toujours sous son évier.

Derrière ces bonbonnes se trouve un étonnant attelage : Mickaël Ferry, 40 ans, entrepreneur qui a tâté de l'immobilier avant de s'inquiéter de l'accumulation de bouteilles plastique à la naissance de son enfant. Il cofonde Aralis en 2018 avec Kostia Steckmeyer, 50 ans, ingénieur spécialisé dans le traitement de l'eau. Leur objectif : proposer une alternative aux eaux en bouteille, moins vertueuses écologiquement.

Un marché en plein essor

Le boom du filtre de l'eau s'explique par la méfiance croissante des consommateurs envers l'eau du robinet, malgré les garanties officielles. "L'eau distribuée est globalement de bonne qualité et n'a pas besoin d'être filtrée", précise Stéphane Georgé, responsable du laboratoire Phytocontrol. Mais les relevés effectués à proximité de certaines usines chimiques montrent des taux de PFAS au-dessus des normes autorisées. Aralis équipe désormais écoles et ménages dans le sud de Lyon et dans le Gard, où les taux de PFAS sont particulièrement élevés.

Cependant, cette solution de fortune ne règle pas tous les problèmes. Le filtrage ne traite pas la source de la pollution, et les autorités sanitaires appellent à une réduction à la source des rejets de PFAS. En attendant, des milliers de foyers se tournent vers des systèmes comme Filtrabio pour protéger leur santé.

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