Depuis 2017, la cohabitation intergénérationnelle solidaire offre une solution à la crise du logement. Des jeunes peuvent vivre à prix réduit chez des seniors, qui profitent d'un coup de pouce fiscal. Reportage au Pays basque.
Un contrat signé à Anglet
Il est 15h30 à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. Florence Farenc, référente locale de l'association Maillâges, arrive chez Louisette, 67 ans, qui vit dans une petite maison HLM. Objectif : signer le contrat qui permet à Coralie, 20 ans, étudiante en alternance, de se loger pendant l'été pour 190 euros par mois, près de son entreprise. Une aubaine dans cette région où trouver un logement abordable est difficile.
Coralie profite des vacances du locataire habituel de Louisette : Benoît, 19 ans, étudiant en BTS commerce à Bayonne. En juillet et août, il retourne chez ses parents, et sera ravi de récupérer sa chambre à la rentrée pour le même prix. « On ne trouve rien à moins de 500 euros ! » dit-il.
À Villefranque, une grande demeure avec piscine
17h30 à Villefranque, autre ambiance. Dans la campagne verdoyante du Pays basque, Florence Farenc pénètre dans une immense demeure avec piscine pour une visite de contrôle. Françoise Gautier, 82 ans, très élégante dans sa robe en lin rouge, ne tarit pas d'éloges sur Louise Garrocq, 27 ans, qui partage son quotidien. « Je me suis retrouvée seule après 62 ans de mariage. Je ne supportais pas cette maison vide », confie Françoise Gautier.
La cohabitation intergénérationnelle solidaire, encadrée par la loi depuis 2017, permet à des jeunes de vivre chez des seniors à prix cassé, tandis que les seniors bénéficient d'un avantage fiscal. Ce dispositif contribue à résoudre la crise du logement tout en luttant contre l'isolement des personnes âgées.
Un dispositif gagnant-gagnant
Pour les jeunes, c'est l'opportunité de se loger à moindre coût dans des zones tendues. Pour les seniors, c'est une présence rassurante et une aide financière indirecte. L'association Maillâges, présente dans plusieurs régions, accompagne les binômes tout au long de la colocation.
« Nous veillons à ce que les profils correspondent et assurons un suivi régulier », explique Florence Farenc. En cas de problème, l'association peut intervenir pour trouver une solution.



