Nîmes : le réseau de la galerie Wagner à Pissevin, toujours actif et lucratif
Nîmes : le réseau de la galerie Wagner, toujours actif

Le réseau de trafic de drogue de la galerie Wagner à Pissevin, à Nîmes, demeure un point de deal majeur malgré les opérations policières répétées. Selon les estimations des enquêteurs, le chiffre d'affaires de ce réseau atteindrait plusieurs milliers d'euros par jour. Ce vendredi 18 septembre, huit prévenus seront jugés par le tribunal correctionnel pour trafic de drogue et association de malfaiteurs, pour des faits commis entre janvier et novembre 2023.

Un réseau qui résiste aux assauts des forces de l'ordre

Les opérations de police à Pissevin se succèdent comme les saisons d'une série télévisée. Pour la galerie Wagner, les policiers ne lâchent pas l'affaire et portent des coups de boutoir au trafic, quitte à débarquer à l'aube avec le Raid, la BRI, la brigade des stups ou la DCOS. Ces interventions conduisent à des interpellations, des mises en examen et des incarcérations, notamment de guetteurs et de revendeurs jugés en comparution immédiate.

Mais force est de constater qu'en dépit d'une lutte acharnée et d'arrestations régulières, le réseau de Pissevin est toujours un haut lieu de revente de stupéfiants à Nîmes. Il s'est apparemment toujours adapté aux assauts des enquêtes, comme le rapportent les services de police locaux.

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Une guerre pour le contrôle du point de deal

Les épisodes se succèdent comme les acheteurs sur les points de deal, qui évoluent et se déplacent au gré des assauts menés par les policiers de Nîmes. Le réseau de Pissevin semble aussi inoxydable que lucratif, avec un chiffre d'affaires qui atteindrait plusieurs milliers d'euros par jour, en dépit de multiples fusillades pour déstabiliser ou s'emparer du point de deal.

Ces fusillades ont commencé entre 2017 et 2020 et ont atteint leur paroxysme avec la mort du petit Fayed, 10 ans, tué dans la nuit du 21 août 2023. Une autre fusillade a suivi le 24 août 2023, blessant un homme de 18 ans qui travaillait sur la partie « drive » de la tour Wagner, où les clients viennent en voiture acheter leur drogue. La raison de cette guerre : l'argent rapporté par ce point de deal, pendant que l'un des anciens patrons du plus grand four de la ville était en prison et que ses lieutenants auraient tenté de voler de leurs propres ailes.

Les barons marseillais seraient entrés dans la boucle, à la fois sur la partie business et sur la partie violences et fusillades, avec à certains moments le spectre de la DZ mafia qui serait à la manœuvre avec les trafiquants nîmois.

Un business structuré et diversifié

À une époque, le chiffre d'affaires de Wagner aurait atteint plusieurs dizaines de milliers d'euros par jour, et jusqu'à 25 000 euros. Aujourd'hui, les spécialistes des stups auraient revu à la baisse les estimations pour la partie du trafic de Wagner. Mais les patrons du business auraient diversifié leur activité, avec de la drogue commandée par des applications et livrée à domicile. Cela n'a pas pour l'instant éteint l'attrait du site de revente physique, situé à Pissevin, dans la Zup sud.

Le site se déplace par moments et aurait même une base arrière pour assurer la continuité du business, qui serait assuré presque 20 heures sur 24. L'enveloppe salariale atteindrait près de 100 000 euros par mois, avec des dizaines d'employés, du charbonneur au guetteur. Ce business aurait de nombreux satellites pour blanchir l'argent dans l'économie réelle, dans des commerces, l'immobilier ou la restauration.

Huit prévenus jugés le 18 septembre

Dans l'affaire de trafic de stups qui sera jugée ce vendredi 18 septembre, environ huit prévenus seront confrontés au tribunal correctionnel pour répondre de trafic de drogue et association de malfaiteurs, en lien avec le fonctionnement du four de Wagner entre janvier et novembre 2023. Les investigations, baptisées Wagner 6 ou 7, auraient révélé une véritable organisation, avec des guetteurs, des revendeurs, des armes en pagaille, notamment des kalachnikovs, des munitions, des gilets pare-balles, de la drogue, de l'argent, des balises et des talkies-walkies destinés à assurer la surveillance du point de deal.

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Des dizaines de personnes étaient chargées de surveiller et fournir le plus grand site de revente de la ville, avec ses petites mains et ses surnoms comme « capuche », « tarzan » ou « œil de verre ». Ce procès marque une étape dans la lutte contre ce réseau, mais les enquêteurs restent mobilisés pour démanteler l'ensemble de l'organisation.