La réunion entre les représentants des pêcheurs méditerranéens et la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, n'a débouché sur aucune réponse concrète. Bernard Pérez, président du comité régional des pêches, a prévenu que la mobilisation illimitée lancée ce lundi 14 septembre pourrait se durcir et que « on ne maîtrisera plus rien ».
Un mouvement de colère tous segments confondus
Ce lundi 14 septembre, les pêcheurs du littoral méditerranéen ont débuté un mouvement de colère illimité. Les principales revendications portent sur la hausse du prix du carburant, la lourdeur des démarches administratives et la restriction des jours de pêche imposée par le plan WestMed. Les organisations professionnelles avaient appelé les pêcheurs à se photographier en ciré, munis d'un pavillon noir, et à inonder les réseaux sociaux pour montrer leur détermination. Une affiche générée par intelligence artificielle a également circulé.
Dans la matinée, les chalutiers du port de Sète – il n'en reste que cinq, contre trente-deux il y a une vingtaine d'années – se sont regroupés devant la capitainerie, dans la passe du Nouveau bassin. Sur le littoral, d'autres ports ont été totalement bloqués, une manière spectaculaire de démontrer le ras-le-bol de toute la profession.
Une réunion de près de deux heures sans avancée
Une réunion de près de deux heures s'est tenue dans les locaux des Affaires maritimes de Sète avec Chantal Mauchet, la préfète de l'Hérault. Une cinquantaine de professionnels attendaient calmement à l'extérieur, à l'ombre. À l'intérieur, les représentants de tous les segments de la pêche ont exposé leurs doléances à la représentante de l'État.
À la sortie, la préfète a déclaré « avoir pris en compte » le fait que « toutes les familles de la pêche de Méditerranée » étaient présentes. Bernard Pérez, plus prolixe, s'est dit « satisfait que la préfète nous rencontre aussi vite », mais a aussitôt averti : « la mobilisation ne fait que commencer. Aujourd'hui nous n'avons eu aucune réponse à nos attentes. Le mouvement risque de se durcir, et on ne maîtrisera plus rien. »
Carburant, charges administratives, WestMed : la colère gronde
Bernard Pérez a déploré l'absence de réponse de l'État sur tous les dossiers : « Sur le gazole, on nous avait parlé de prix à 0,30/0,35 et on est à 1,20. Ce n'est pas tenable. C'est à se demander si, à Paris, ils savent qu'il y a une pêche. » Il a également évoqué les charges administratives : « pour un pêcheur tout seul, cela représente deux jours de papiers à la maison. Il ne peut donc pêcher que deux jours. »
Le plan WestMed, qui réduit encore le nombre de sorties en mer, est aussi pointé du doigt. « Nous sommes une profession qui s'est structurée, qui a fait beaucoup d'efforts et que l'on veut encore affaiblir », a regretté le président du comité régional des pêches, critiquant au passage les dernières décisions de la ministre de la mer, « prises sans aucune concertation ».
Une profession « au bord du précipice » attend une réponse immédiate
Bertrand Wendling, directeur de l'organisation de producteurs de la Sathoan, a souligné que « la préfète a vu la détresse de toute la profession » et « la demande de réponse immédiate ». Il a conclu : « On attend donc une réponse immédiate. »
Le temps où pêcheurs et forces de l'ordre s'affrontaient devant les affaires maritimes en s'envoyant thons et sardines semble révolu. Mais, comme l'a résumé Bernard Pérez, la profession, « au bord du précipice », n'aurait plus rien à perdre si ces réponses n'arrivent pas rapidement.



