Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné un trentenaire à dix mois de prison ferme, ce lundi 29 juin, pour des violences commises à l'aide d'un pistolet à billes. Les faits se sont déroulés le 26 juin dernier, vers une heure du matin, dans le secteur des arènes à Nîmes.
Un conflit de voisinage qui dégénère
Selon les déclarations du prévenu, son voisin organisait une soirée bruyante. Après plusieurs signalements pour tapage nocturne, la situation a dégénéré. Le trentenaire affirme que l'un des participants serait sorti avec un couteau, ce qui l'a poussé à remonter chez lui pour prendre son pistolet à billes. Il est ensuite redescendu et a tiré à plusieurs reprises.
La victime, un jeune homme, a été blessée à l'œil et au dos. Le procureur a souligné la gravité des faits : « On n'est pas loin de la catastrophe avec une bille à quelques millimètres de l'œil. » La victime s'est vu prescrire cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT).
La légitime défense invoquée, mais rejetée
Dans le box, le prévenu a présenté ses excuses à la victime présente à l'audience. « Je n'aurais pas dû agir comme ça, ce n'est pas dans mon habitude », a-t-il insisté. S'il reconnaît les tirs, il invoque la légitime défense. Cependant, la présidente de l'audience, Mathilde Pagès, a rejeté cet argument : « Vous auriez pu rester chez vous. Au lieu de cela, vous redescendez. Cela donne plutôt l'impression que vous êtes venu en découdre. »
La victime a livré une version différente des faits, affirmant qu'il faisait le ménage et qu'il n'y avait pas de fête. Il a nié la présence d'un couteau. Le prévenu a maintenu ses déclarations, ajoutant que plusieurs habitants de l'immeuble se plaignent régulièrement du comportement de son voisin et des nuisances nocturnes.
Un traumatisme personnel évoqué
Pour expliquer son geste, le prévenu a évoqué un traumatisme personnel : « Je n'ai pas réfléchi. J'avais cette arme parce qu'en juin 2025, j'ai été victime d'une séquestration. Ça m'a beaucoup marqué. »
Le procureur a requis un an de prison avec maintien en détention, estimant que ce conflit de voisinage ne justifie pas une telle escalade de violence. De son côté, l'avocat du prévenu, Me Alexandre Rabih Barakat, a plaidé pour une peine aménagée, rappelant que son client ne compte qu'une seule mention à son casier judiciaire.
La décision du tribunal
Après délibération, le tribunal a condamné le trentenaire à dix mois de prison ferme, une peine susceptible d'être aménagée par le juge de l'application des peines. Il devra également verser 2 000 euros à la victime au titre du préjudice physique.



