Taxe française de deux euros sur les petits colis suspendue dès mercredi
Taxe petits colis : suspension mercredi, droit de douane UE

La taxe française de deux euros sur les petits colis, instaurée le 1er mars pour freiner l'afflux de produits chinois, sera « suspendue » mercredi. Le même jour, un droit de douane européen de trois euros entrera en vigueur, a annoncé mardi le gouvernement français à l'AFP.

Une mesure contournée par les plateformes

Cette taxe visait les commandes de moins de 150 euros sur les plateformes extra-européennes comme Shein, Temu ou AliExpress. Cependant, les acteurs visés ont rapidement trouvé la parade : ils expédient désormais les marchandises par avion dans d'autres pays européens, puis les acheminent par camion jusqu'en France, contournant ainsi la taxe.

Selon le directeur général des Douanes, Florian Colas, ce contournement a entraîné un « déport de volume » de l'ordre de 90 % depuis le 1er mars. Le rendement de la taxe n'a été que de 2,3 millions d'euros par mois, loin des 400 millions d'euros attendus annuellement dans le budget 2026.

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Harmonisation européenne

Initialement, la taxe française devait se cumuler avec un droit de douane européen de trois euros à partir de juillet, portant le total à cinq euros par catégorie d'articles. Mais face au contournement, le gouvernement a décidé de suspendre la taxe nationale dès mercredi, avant son remplacement prévu en novembre par un dispositif 100 % européen.

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis » en plus du nouveau droit de douane européen, a expliqué le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin.

Risque de distorsion

Avec une taxation supérieure à celle de ses voisins, la France risquait d'être lésée de juillet à novembre. « On adore nos amis belges, mais il n'est pas normal […] qu'il n'y ait qu'eux qui récupèrent la monnaie de leur pièce » quand « les petits colis continuent malgré tout d'arriver en France », a résumé le cabinet de Serge Papin.

« Notre objectif c'était […] de pousser l'Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause », a-t-il insisté. « La France a vraiment été pionnière », a abondé le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel.

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