Un jeune homme de 24 ans, originaire d'Ardèche, a été condamné lundi 29 juin par le tribunal correctionnel d'Alès à 30 mois de prison pour des violences conjugales commises à Saint-Ambroix. La substitut du procureur de la République, Cindy Fernandez, avait requis trois ans de prison, estimant que le prévenu était « typiquement un candidat au féminicide ».
Des menaces glaçantes et des gestes violents
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 26 au 27 mai. Le mis en cause, alcoolisé, a proféré des menaces terrifiantes à l'encontre de sa compagne : « Je vais te brûler vive, te jeter par la fenêtre. » Il l'a également attrapée par les cheveux, tirée et bousculée. Un témoin, ami du prévenu, a escaladé la façade de l'immeuble pour entrer dans l'appartement et tenter de secourir la victime, sans parvenir à l'empêcher de continuer.
Lors de son procès, le prévenu a reconnu les faits, expliquant qu'il était ivre et qu'il avait « la haine au fond de [lui] » depuis 2013, année du décès de sa grand-mère qui l'a élevé. Il a déclaré : « Je suis violent avec les paroles ; avec les gestes, il en faut vraiment. »
Un profil jugé très dangereux
La partie civile, représentée par Me Christine Gely May, s'est dite « stupéfaite » et a qualifié le prévenu de « très dangereux », ajoutant que « la violence est son mode de fonctionnement avec les femmes ». Elle a rappelé que l'homme avait déjà été condamné en mars pour des violences sur une autre petite amie, avec une peine d'un an de prison ferme mise à exécution.
La substitut du procureur a insisté sur la gravité des faits : « Ce soir-là, il a vrillé ; la scène décrite n'est pas une petite dispute d'un couple. C'est totalement hallucinant comme scène. » Elle a requis trois ans de prison et le maintien en détention.
La défense relativise les faits
L'avocat de la défense, Me Guillaume Garcia, a contesté la qualification de « candidat au féminicide », estimant que son client était « extrême dans les paroles, mais les coups ne pleuvent pas ». Il a plaidé pour une peine réduite, affirmant que « le temps de l'incarcération ne va pas jouer dans ce dossier » et que son client, qui a toujours eu un emploi, « est quelqu'un que l'on peut sauver ».
Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 30 mois de prison, qui s'ajoutent à l'année de prison ferme déjà mise à exécution, avec maintien en détention. Une peine inférieure aux réquisitions, mais qui reflète la gravité des violences commises.



