Le mardi 2 juin 2026, sous un violent orage, une tranchée de chantier mal remblayée s'est effondrée sur la RM6202 (boulevard du Mercantour) à Nice, créant un trou de plus de 17 centimètres de profondeur s'étendant sur plusieurs mètres. Cet obstacle invisible, masqué par l'eau et les graviers, a endommagé au moins sept véhicules en moins d'une demi-heure, entre le complexe sportif des Combes et le Golf Country Club, en direction de la mer.
Des automobilistes victimes d'un piège routier
Parmi les victimes, Véronique, opticienne à Cantaron, a percuté le trou à 16 h 50. « Mon véhicule a heurté violemment une zone gravement détériorée de la chaussée, comprenant nids-de-poule profonds avec plusieurs angles droits aigus saillants […] rendant le danger invisible », témoigne-t-elle. Les deux jantes alu de son Audi A3 sont fendues et ses pneus crevés. Le coût des réparations s'élève à plus de 830 euros, remorquage d'urgence inclus. Assurée tous risques, elle renonce à déclarer le sinistre, sa franchise étant de 760 euros.
Cinq minutes plus tard, Marion, secrétaire médicale à La Roquette-sur-Var, percute le trou dans sa Peugeot 5008. « J'ai vu que quatre véhicules étaient arrêtés le long de la voie à plusieurs mètres derrière moi », confie-t-elle. L'expert évalue les réparations à 944 euros. Sa franchise de 150 euros et la vétusté appliquée par son assureur laissent l'essentiel à sa charge.
Killian, assuré au tiers, a subi des dégâts sur son véhicule vers 17 heures : deux jantes et pneus détruits. Il répare à ses frais pour éviter franchise et malus, tout comme Cassandre, dont l'Audi souffre de dysfonctionnements de l'ABS. Philippe, propriétaire d'une Audi Q5 qui a fini sa course dans la glissière, doit payer entre 2 000 et 3 000 euros de réparations, avec 250 euros de franchise et 300 euros de hausse annuelle de sa prime.
La Métropole rejette la responsabilité
La police municipale et les services de la voirie métropolitaine sont intervenus pour sécuriser la zone. Dans un courrier adressé à des victimes, la Métropole reconnaît le défaut de chaussée : « Ce désordre est connu de nos services étant donné que notre équipe d'astreinte a été appelée pour fermer la voie de droite de la RM6202 suite à ce désordre. […] Il s'agit d'une tranchée réalisée [par un prestataire] pour le compte d'Enedis. […] Je déplore comme vous cette mauvaise gestion du chantier. »
Fin juillet 2026, la Métropole rejette officiellement toute indemnisation. La collectivité soutient que « ce désordre a été causé par la société Enedis dans le cadre d'un chantier dont elle avait la maîtrise d'ouvrage » et que, selon l'arrêté métropolitain du 7 avril 2026, « Enedis est seul responsable ». Elle invite donc les victimes à se tourner vers Enedis.
Enedis pointe l'entreprise de travaux
Enedis, maître d'ouvrage, indique que « la mise en sécurité du chantier était à la charge d'Oreca TP qui réalisait les travaux. L'entreprise est intervenue dans l'heure qui a suivi afin de remettre le chantier et la chaussée en sécurité ». Enedis précise que « les arrêtés de voirie en vigueur pour ce chantier autorisaient le travail de nuit, mais non en journée ». L'entreprise souligne qu'« Oreca TP a déjà procédé à l'indemnisation de deux personnes concernées. L'entreprise se tient à la disposition des autres automobilistes concernés ».
Un appel à témoins pour établir les responsabilités
Les sinistrés s'organisent et lancent un appel à témoins. Toute personne victime ou témoin de ces accidents survenus le 2 juin 2026 sur la RM6202, entre 16 heures et 18 heures, est invitée à contacter Véronique au 06.83.03.96.74 pour témoigner. Cette démarche vise à renforcer leur dossier dans la bataille de la responsabilité face aux assureurs et aux collectivités.



